Paul Bartel et Mary Woronov vous convient à une réjouissance farce trasho-chaos comme on les aime.
Un couple est surpris un soir par l’intrusion d’un pervers dans leur appartement. Cherchant à se défendre avant de comprendre, le mari le tue avec une poêle à frire. En fouillant dans les poches du défunt, il trouve un portefeuille bien rempli et en fait part à sa femme. Et si tuer devenait la solution à leurs problèmes? Ensemble, ils décident de prendre exemple sur leurs voisins en organisant des orgies à domicile, mais dans une optique différente: tuer les convives, prendre leur argent et ouvrir leur restaurant. L’opération fonctionne, mais ils sont confrontés à une anicroche: comment se débarrasser des corps?
À cette époque, pareille histoire d’ascension sociale par le vice aurait pu plaire à Paul Verhoeven dans sa première période néerlandaise. Mais Paul Bartel, également connu pour La course à la mort de l’an 2000 (Sylvester Stallone et David Carradine dans une délirante histoire d’un rallye automobile amoral où les concurrents marquent des points en écrasant le plus de piétons possible), est un héritier de Roger Corman au même titre que les plus connus Joe Dante, Francis Ford Coppola et Jonathan Demme, et il ressemble plus à un émule de John Waters sur ce coup-ci, branché sur la satire de son époque… S’attachant à ce couple qui attire tous les partouzards de Los Angeles pour les zigouiller, le cinéaste s’en prend à la petite bourgeoisie de la fin des années 70 (les jouisseurs, c’est scandaleux, mais les assassins pour l’argent, ça passe) et pourfend en filigrane le puritanisme galopant sur les restes de la libération sexuelle, avec un mauvais goût fièrement assumé (la reconstitution d’un interrogatoire SS, le nain zoophile).
Bartel creuse la veine de son long-métrage Private Parts (produit par Gene Corman, le frère de Roger) dans lequel une fille découvrait les émois de l’adolescence dans une bourgade peuplée de freaks. En plus d’être le réalisateur de ce farce, il incarne le rôle principal et forme un couple avec son égérie de toujours: Mary Woronov, fidèle de la Factory d’Andy Warhol découverte dans La course à la mort de l’an 2000, revue par la suite chez le cinéaste dans Cannonball et quelques productions Roger Corman comme Rock’n roll High School et Chopping Mall… dans lequel d’ailleurs Bartel et Woronov reprennent leurs personnages de Eating Raoul. Dans la même lignée, il faut également découvrir Lust in the dust, western parodique avec Divine, l’icône de John Waters. Comme Eating Raoul, le film reste difficilement trouvable.
1h 23min | ComédieDe Paul Bartel Avec Paul Bartel, Mary Woronov, Robert Beltran |
1h 23min | Comédie

![[SOCIETY] Brian Yuzna, 1989](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2018/08/soecity.jpg)
