Séance de rattrapage pour la série Souviens-toi l’été dernier où le film d’horreur des années 90 (avec Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar), ersatz des Scream sans le moindre humour, est exhumé sous la forme d’une série.

Si l’on regarde beaucoup la télévision américaine en ce moment, on tombe sur bon nombre de bandes-annonces de remakes télé de séries comme Magnum P.I. l’Arme Fatale, Gossip Girl (pas si vieux, pourtant)… Et bientôt de 90210? Une série qui était déjà un remake en 2010, d’une série des années 90? Possible. Ça nous étonnerait pas. C’est une manie. Les producteurs sont atteints de remakite aiguë, et ça commence à se voir. Pour preuve, la dernière série en date (sortie il y a deux semaines sur Amazon Vidéo) est Souviens-toi… l’été dernier (☆), de Sara Goodman, ancienne showrunner de Gossip Girl. Une sorte de version wish.com du mythique slasher de Jim Gillespie (pour le premier) et Danny Cannon pour le second. Un film en deux parties, inspiré à la base par l’œuvre de Lois Duncan, Comme en un mauvais rêve, publié en 1973, qui se déroule dans une ville pleine de secrets, où un groupe d’adolescents est traqué par un mystérieux tueur, un an après un accident mortel survenu le soir de leur remise de diplôme.

Alors, on a regardé les premiers épisodes, par curiosité. Et c’est pire que ce qu’on pensait. Si les éléments du succès sont là: une palette d’ados, beaux et populaires, une soirée arrosée qui tourne mal, et la réminiscence tardive, mais sanglante, qui survient-quand-ils-ne-s’y-attendent-pas, on a le sentiment qu’il manque quelque chose. La sauce ne prend pas. C’est un peu le même constat qu’avec le remake ciné de The Craft de Zoe Lister-Jones, sorti en 2020. Ce n’est pas parce qu’on suit une recette qu’on est un grand chef. Surtout si le chef en question est déjà l’apprenti d’un autre chef, plus vieux et plus talentueux. La recette derrière tous ces slashers, qui ont nourri l’imagination de tant d’ados jusqu’au milieu des années 2000, était héritée de John Carpenter, Wes Craven et Tobe Hooper.

Ce qui « fonctionnait » dans les Souviens-toi… l’été dernier (1&2), qui surfait à l’époque, mais au premier degré, sur la vague du revival du slasher façon Scream, était lié à cette récitation des codes, fusse-t-elle sans génie. Seulement, la maîtrise de la caméra, source ultime de ravissement, ne s’acquiert pas à la va-vite. Rien qu’au début, lors de la scène de l’accident, on sent que ça bloque. De plus, ces films étaient garnis d’idoles des jeunes à l’instar de Sarah Michelle Gellar, Ryan Philippe, Freddie Pinze. Jr, Jennifer Love Hewitt. Là, on n’a pas même plus cet argument du casting premium pour boutonneux: la série Souviens-toi… l’été dernier (2021) prend des ados atrocement banals, supprime le tueur au crochet (pilier de l’œuvre originale), filme mal, et se concentre sur les destins salutaires de complices, qui échappent à une mort rapide dans le but de développer leurs arcs narratifs. Pratique. Ça va faire vivre des scénaristes à Hollywood. Tant mieux pour eux, mais que retenir de plus?

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