Soutenu par John Waters, « The Onania Club » de Tom Six attend depuis sept ans dans les limbes

Sept ans après son achèvement, The Onania Club, le nouveau film de Tom Six, n’a toujours pas trouvé de distributeur. Le réalisateur de The Human Centipede dénonce la frilosité d’une industrie qui, selon lui, ne veut plus prendre le risque de sortir des œuvres véritablement provocatrices, dans une interview à THR. En 2019, Tom Six pensait avoir franchi une nouvelle étape dans sa carrière. Après la trilogie The Human Centipede, le cinéaste néerlandais venait d’achever The Onania Club, un film qu’il annonçait comme encore plus transgressif que ses précédents travaux. Il imaginait alors que trouver un distributeur ne serait qu’une formalité. Il n’en a rien été.

Sept ans plus tard, The Onania Club, seulement vu par une poignée de happy-fews dont John Waters, demeure inédit commercialement et dort toujours dans les archives de Six à Amsterdam, tandis qu’une courte bande-annonce circule sur Internet. The Onania Club suit un groupe de femmes riches de Los Angeles dont le désir sexuel repose sur une fascination morbide pour la souffrance des autres. À mesure que leur obsession grandit, elles recherchent des situations toujours plus extrêmes, faisant de la souffrance un spectacle et du malheur des autres une source de plaisir. Pour Tom Six, le choix de Los Angeles n’est pas anodin. Hollywood représente à ses yeux la rencontre entre argent, pouvoir, créativité et excès. Le réalisateur considère cette ville comme le décor idéal pour une satire consacrée à des femmes fortunées qui ont besoin de toujours davantage de misère pour satisfaire leurs pulsions. Le concept repose ainsi sur le schadenfreude, ce plaisir ressenti face au malheur d’autrui. Un thème que Six considère comme profondément humain et qui traverse, selon lui, l’ensemble de sa filmographie.

C’est pourtant moins le contenu du film que son absence de distribution qui constitue aujourd’hui son histoire la plus singulière. Selon Six, les distributeurs auxquels il a présenté The Onania Club lui ont répété la même phrase : « Le marché a changé. » Pour le cinéaste, cette formule serait devenue un code permettant à l’industrie de justifier son refus de prendre des risques. Il estime que les distributeurs craignent désormais les réactions sur les réseaux sociaux, les controverses et les conséquences potentielles sur leur image. La question ne serait plus seulement de savoir si un film peut trouver son public, mais s’il risque de provoquer une polémique. Six voit dans cette évolution une menace pour le cinéma indépendant et pour les œuvres qui cherchent volontairement à franchir les limites. The Onania Club serait ainsi, selon lui, la victime d’une industrie devenue trop prudente pour assumer les films qu’elle prétend pourtant défendre. Reste que John Waters, qui avait vu une version antérieure du film, avait notamment placé The Onania Club dans sa sélection des meilleurs films de 2021. Le film reste donc à la recherche d’un partenaire capable d’assurer sa sortie en salles ou sur les plateformes.

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