En pleine repentance artistique, Shia LaBoeuf se livre en ce moment même dans une salle de cinéma new-yorkaise à une curieuse expérience : revoir l’intégralité de ses films en continu, pendant 72 heures. Warholien en diable.
Avec cette performance en public, Shia LaBeouf raconte en direct, de manière masochiste, sa détestation de l’industrie Hollywoodienne et sa volonté de détruire son image publique. Sauf que du cauchemar morbide à la David Lynch, Shia en tire une jouissance presque suicidaire tout en s’affirmant comme un artiste en pleine repentance artistique.
Celui qui a défrayé la chronique en allumant une cigarette dans un théâtre lors de la représentation du spectacle «Cabaret», qui a été insupportable pendant le tournage de Fury, qui a plagié l’auteur de BD Daniel Clowes pour mon court-métrage HowardCantour.com et qui s’est rendu à une avant-première de Nymphomaniac la tête couverte d’un sac-en-papier nourrit les médias actuels en se faisant passer pour un génie. Shia n’invente encore une fois rien, des décennies après Andy Warhol.
Ainsi, il est encore possible de regarder via le site #AllMyMovies Shia LaBeouf assis dans une salle de cinéma de New York regarder ses propres films en continu dans l’ordre contraire de la chronologie (du plus récent au plus ancien). Le happening s’étale sur 72 heures, soit trois jours d’affilée. Libre à chacun de le rejoindre et donc de s’incruster dans le cadre. Libre à chacun de revoir avec lui Charlie’s Angels Full Throttle, Dumb and Dumberer, Indiana Jones et les Transformers. Certaines photos valent le détour comme lorsqu’il affiche sa tête à la fin de Transformers 3 (pas de trucage).
Par chance, Shia LaBeouf finira ce grand marathon de la mort avec la projection de Nausicaä de la Vallée du Vent de Hayao Miyazaki auquel il a prêté sa voix lors de sa réédition en 2005. Un peu de douceur dans ce monde de bluff.

