SINA REGNAULT
Tommaso de Abel Ferrara
Le film est sorti en janvier, à l’époque où on était en vacances au ski. On n’a pas manqué de le rattraper au Grand Action en rentrant (l’une des rares salles le programmant à l’époque). La surprise était belle. Bien plus que d’habitude. Dedans, la jalousie maladive de Tommaso (Willem Dafoe) était emplie de chaos romanesque, face à Cristina Chiriac, dans un premier vrai rôle; en toute intimité, tourné dans la maison des Ferrara à Rome.
Uncut Gems de Ben & Josh Safdie
Il existe dans ce film une tension constante. Très vite, la caméra se perd dans un désordre de couleurs, d’argent et de cauchemar. Le film se tient à égale distance de deux possibilités: la réussite et l’échec (d’autant plus qu’il est sorti sur Netflix), durant toute sa durée. Au final, la composition parvient au contraire à procurer une explosion unilatérale, criant gloire et honneur.
Drunk de Thomas Vinterberg
Dans lequel Mads Mikkelsen cherche une identité à acquérir par conformation au groupe, pour s’inscrire dans un champ social, avant de choisir in extremis tout le contraire et définir sa vie en fonction d’une expérience où l’alcool est dieu.
A Dark Dark Man de Adilkhan Yerzhanov
Le film Kazakh qui vous donnera l’envie d’explorer les pays anciennement satellites de l’URSS. Il modifie les paramètres de la réalité, à la manière d’un Bald and Bankrupt (vidéaste actuel), pour le plaisir de notre curiosité. Mais aussi, et surtout, le réalisateur Adilkhan Yerzhanov s’inscrit dans la lignée des grands metteurs en scène de films néo-noirs.
Falling de Viggo Mortensen
Le premier film de Viggo Mortensen gagne en puissance à chaque jour qui passe. Certains plans rendent compte de la violence idéologique qui existe aujourd’hui entre les générations, les sexes, les partis, et autres groupes, mieux que n’importe quel édito. L’acteur Lance Henriksen, comme une nébuleuse grise autour d’un monde changeant, marque profondément les esprits.

