Lorsqu’une célèbre marque de boissons énergisantes au Japon met les moyens pour accoucher d’une publicité hallucinée et hallucinante. Aux commandes, un réalisateur surdoué, Show Yanagisawa.
Oui, il arrive parfois que la publicité accouche de chefs-d’œuvre hallucinés d’à peine une minute. C’est le cas de celle commandée pour la marque de boissons énergisantes Pocari Sweat qui a le mérite de mettre des seringues dans les yeux. On voit la jeune actrice nippone Sena Nakajima (15 ans, donc née en 2006) marcher dans le couloir de son école, s’arrêter, se retourner et rebrousser chemin à travers la foule d’étudiants, de façon de plus de plus démentielle, hallucinée, avec sol gondolant et fuite vers un ailleurs onirique, traversée des glycines et des cerisiers en fleurs. Avant de s’envoler avec sa BFF. Tout ça pour vanter quoi? La drogue? Non, c’est juste une pub au-delà du réel pour célébrer une simple marque de boisson. C’est comme Peter Cetera, chanteur de Chicago, sur la BO de Karate Kid, c’est trop beau pour être vrai.
Quant à la question qui nous turlupine tous (« mais-comment-qu’ils-ont-fait-ça? »), un making-of se charge de nous dévoiler tous les secrets de fabrication.
Aux commandes, le réalisateur Show Yanagisawa (38 ans), ancien étudiant du plasticien Takashi Murakami, ayant commencé comme peintre avant de se spécialiser dans la confection de petits courts marquants pour des pubs (son remarqué High School Girl? pour la marque de cosmétiques Shiseido et sa non moins remarquée pub pour le jeu vidéo Gravity Rush 2 sur PlayStation) et dont on surveillera avec grande attention les projets courts comme plus longs. A ses côtés, une batterie de professionnels (le directeur de la création Yuya Furukawa, le spécialiste des effets spéciaux Futoshi Yamauchi) – donc une solide équipe technique – et, surtout, de moyens confortablement apportés par le géant japonais de la publicité Dentsu qui compte notamment Toyota, McDonald’s, Heineken ou encore le géant américain de l’agroalimentaire Kraft Heinz parmi ses grands clients. C’est aussi l’agence marketing exclusive des Jeux olympiques de Tokyo-2020, reportés l’an dernier à cause de la pandémie. Pour sûr, le budget de cette pub d’une minute a dû coûter trois films d’Emmanuel Mouret. Mais bon, on est chaos ou on ne l’est pas.

