Auréolé d’un succès surprise avec son honorable Evil Dead Rise (prévu à l’origine pour sortir en VOD tout de même), Lee Cronin se voit confier la molle mission de Blumhouse : ressusciter les figures monstrueuses d’Universal, suivant les pas de The Invisible Man et de Wolfman (qu’on a déjà tous oublié). Le voilà donc à se coltiner les bandelettes de la Momie, pas la créature la plus appréciée, loin s’en faut, au cinéma. Son nom est même accolé prestigieusement au titre original, histoire de ne pas faire de l’ombre au reboot de The Mummy avec Brendan Fraser.
Première grande surprise : point d’archéologues découvrant le tombeau d’un prince ou d’une reine égyptiens assoiffés de sang. À l’inverse, loin des pyramides et des sphinx, on pousse la porte d’une famille de fermiers semblant cacher un terrible secret… bien évidemment dissimulé dans un sarcophage. Les mêmes qui kidnapperont plus tard une petite Américaine, fille d’un reporter (Jack Reynor, le boyfriend pleutre de Midsommar) installé en Égypte pour son travail. Huit ans plus tard, la famille a repris sa vie à Albuquerque : miracle, la police égyptienne a retrouvé la disparue dans un état préoccupant. Difforme, blessée, muette, elle est ramenée au bercail… et les phénomènes étranges ne tardent pas à se multiplier.
Corps d’enfant révulsé, mutilé, malmené, muré dans un silence surnaturel : cette Momie nouvelle génération croise L’Exorciste et Bring Her Back (on veut bien croire à un hasard de calendrier) sans jamais réussir à faire peur ni à faire exister ses personnages, uniquement présents pour passer des coups de téléphone ou pousser des cris. L’alliance d’une New Line/Warner en plein pétage de câble depuis l’année dernière (Evanouis, Destination Finale: Bloodlines, They Will Kill You…) et d’une Blumhouse plus « con(con)sensuelle » que jamais se ressent d’une scène à l’autre, dans un mélange de déjà-vu et d’audaces ne sachant plus sur quel pied danser (jusqu’à l’intrusion d’un humour vicieux assez curieux).
Plus Le Réveil de la Momie avance, plus il se fait outrancier, comme l’atteste une scène de funérailles chaotique à souhait, où l’ombre du Sam Raimi de Jusqu’en enfer plane incontestablement. C’est d’ailleurs là la force et la faiblesse du film : Lee Cronin continue de recycler ses deux premiers longs (The Hole in the Ground et Evil Dead Rise), tant dans ses thèmes (possession démoniaque, famille en détresse, corps d’enfants brutalisés…) que visuellement, au point de faire ressembler son film à une fausse suite d’Evil Dead (projet qu’il a lui-même abandonné pour celui-ci). De l’autre côté, son amour du mauvais goût (c’est le festival du vomi et des choses qu’on avale ou mange peu délicatement) et son appétence pour la méchanceté, clairement hérités de Sam Raimi, ont quelque chose de fascinant. Le constat est clair : Lee Cronin est un auteur médiocre, mais son cinéma ne goûte pas l’eau tiède, et on peut au moins lui reconnaître ça.
15 avril 2026 en salle | 2h 14min | Epouvante-horreur, ThrillerDe Lee Cronin | Par Lee Cronin Avec Jack Reynor, Laia Costa, May Calamawy Titre original Lee Cronin’s The Mummy |
15 avril 2026 en salle | 2h 14min | Epouvante-horreur, Thriller


