Une rencontre, une vraie, au clair de lune entre Sarah Maison, dont la pop orientale résonne comme la face B de mystérieux 45t retrouvés, et de Laurens Saint-Gaudens, réalisatrice et photographe qui a épousé toutes les couleurs du noir. Les plus chanceux ayant découvert son Nos lèvres sont les miennes, collage giallesque pixelisé et sanglant, y verront dans ce nouveau projet une somptueuse séquelle thématique : un double clip comme une trans-lettre d’amour à l’euro-gothic, qui nous laisse justement là où le court nous avait laissé. Des talons claquant sur la pierre, une nuit bleue, une invitation, un château, le vent qui souffle. Trois femmes, rivales, amantes, conspiratrices, se retrouvent pour un souper acide. Les langues se délient, les mains se glissent sous la table. Bientôt, ce sera une lame qui transpercera l’air, la brume s’épaissira, les corps se retrouveront…
Saint-Gaudens y crache son amour des dames de l’ombre, des candélabres dans l’obscurité, de la mort comme aux beaux-arts, des matières qui vibrent et brillent. Couplé aux deux belles chansons de Sarah Maison, Divad et La mandoline, elle les enveloppe dans un splendide écrin de velours noir. Après Backflip Again, le queer gothique continue décidément de déployer ses ailes de chauve-souris. Et thanks god c’est chez nous.



