Vous connaissez sans doute Mirwais (de son vrai nom Mirwais Ahmadzaï) sans même savoir qui il est vraiment. Ce musicien et producteur français, né à Lausanne en 1960, d’un père afghan et d’une mère italienne (oui vous savez tout sur lui, comme ça), se fait d’abord connaître comme guitariste et compositeur de Taxi Girl, groupe qu’il a formé avec Daniel Darc, qu’on ne présente plus, et qui a marqué la scène post-punk française de la fin des années 1970 et du début des années 1980… Après la séparation de Taxi Girl en 1986, Mirwais enchaîne plusieurs projets qui restent confidentiels, dont Juliette et les Indépendants puis Sutra, et traverse les années 1990 loin du succès qu’il avait connu avec le groupe. Lorsqu’il revient avec Production, en 2000, il ne cherche pas vraiment à renouer avec le rock de ses débuts : il travaille seul avec des machines, des synthétiseurs, des guitares et des traitements numériques, en faisant de la production elle-même une partie de la composition. Naïve Song découle précisément de cette période et devient, avec Disco Science, l’un des morceaux qui installent définitivement son nom dans l’électro française. Quelques mois plus tard, son travail avec Madonna sur Music le fait connaître à une tout autre échelle : elle avait entendu ses maquettes et lui avait proposé de travailler ensemble après avoir découvert son univers sonore.
Naïve Song est composé pour Production puis publié en single en 2001. Le morceau tient sur une poignée d’éléments très reconnaissables : une guitare acoustique découpée et retraitée, une rythmique électronique sèche, quelques nappes synthétiques et surtout une voix passée dans l’Auto-Tune, utilisé ici comme un effet audible plutôt que comme un simple correcteur de justesse. Mirwais a par la suite présenté le morceau comme l’un des premiers exemples d’un titre entièrement chanté avec cet effet. Mine de rien, Naive Song connaît un certain succès dans les clubs américains et atteint la deuxième place du classement Billboard Dance Club Songs en 2001 ; son clip est réalisé par Jean-Baptiste Mondino, avec lequel Mirwais avait déjà travaillé à l’époque de Taxi Girl. Le morceau précède tout juste le Mirwais devenu producteur de Madonna, alors que c’est précisément cette collaboration qui va ensuite redéfinir sa réputation. Mirwais apporte à Music une partie des idées qu’il avait déjà développées sur Production : l’Auto-Tune utilisé comme texture, les contrastes entre guitare et électronique, les rythmes secs et cette façon de laisser les machines rester visibles dans le morceau.


