Soutenu par la société indépendante américaine Severin et les français de Metaluna Productions, The Theatre Bizarre renoue avec la tradition de l’anthologie de l’horreur et des films-à-sketches fantastiques d’antan comme Creepshow (1982) ou encore le diptyque Adrénaline / Parano en France au début des années 90. Ce qui réunit chaque cinéaste, ce sont les mêmes intuitions, à savoir une conception du genre extrême, loin de l’opportunisme geek, et une prédilection pour le trash et le gore. Ensuite, ce sont tous des bateleurs armés des meilleures intentions qui arrivent en disant : «Nous sommes des faussaires, mais nous espérons que vous aurez autant de plaisir à avaler nos boniments que nous à vous les servir». The Theatre Bizarre doit avant tout être vu comme un hommage aux marchands d’illusion rendu extrêmement sympathique par l’amour du métier et la franchise.
Les choix de casting ne sont pas anodins : Catriona McColl, icône de Fulci dans L’au-delà, joue une sorcière maléfique pour Richard Stanley dans le premier segment (peut-être le plus faible) et l’inépuisable Udo Kier incarne symboliquement la créature des contes de la crypte, liant les différentes histoires entre elles. Bien entendu, la qualité n’en reste pas moins variable. Quelques retrouvailles notamment avec Tom Savini (Wet Dreams) et Karim Hussain (Visions Stains – qui rappelle l’outrance de Frank Henenlotter) se révèlent extrêmement réjouissantes. Mais s’il ne fallait voir qu’un seul sketch, ce serait The Accident, de Douglas Buck. Moins dans le respect du cahier des charges (peu ou pas de Grand-Guignol), le réalisateur retrouve la veine de son formidable Family Portraits et se distingue grâce à une approche adulte, poétique et mélancolique d’un sujet casse-gueule (la perception de la mort par une petite fille).

