Des frimes pauvres. Jae-ho, qui se rêve chef de gang, fait la loi en prison auprès des autres détenus. Mais son autorité est remise en cause à l’arrivée de Hyun-su, un nouveau venu.
Non, ce n’est pas un Dernier Train pour Busan bis. Contrairement à ce que l’on pourrait croire en voyant la manière dont ce film, distribué à la faveur de l’été par les talentueux de ARP, est vendu. Rien que le « Tarantinesque » mis en exergue sur l’affiche – néologisme qui rime à rien en 2017 – aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Passé une intro dzimboumbante, Sans Pitié perd très vite de la vitesse et termine dans le halètement asthmatique. La raison la plus probable, c’est que son horizon cinématographique se limite à de la cinéphilie de Super U, soit les films d’action que Luc Besson produisait dans les années 90 avec effets visuels kitsch (des mouvements de caméra, des plongées, des travelling en veux-tu, en voilà), personnages archétypaux, pots aux roses éventés et humour vaseux de dernière minute. Au-delà de cette emballage, l’enjeu même reste pauvre et les implications de certains personnages, gratuites; ce qui donne lieu à un désintérêt poli. L’intrigue polardeuse, inutilement alambiquée, mélangeant les espace-temps et les points de vue, échoue à nous impliquer et à nous dire le minimum derrière les oripeaux du genre, soit « quelque chose » des convulsions politiques et sociales en Corée du Sud. En racontant comment deux anciens compagnons de cellule tentent de gravir les échelons d’une organisation criminelle où les coups de poignard dans le dos sont la norme, Sans Pitié avait de quoi rendre compte de l’histoire moderne si agitée au pays du matin calme. Le problème, c’est que le réalisateur n’a rien à dire et révèle juste sa prédilection pour l’esbroufe. Du coup, cet été, mieux vaut attendre l’exacte antithèse de Sans Pitié: Entre deux rives de Kim Ki-Duk (qui sort début juillet).

