Il est où, Christophe Lambert?

Finish it. Lorsque les plus grands champions de la Terre sont appelés à combattre les ennemis de l’Autre Monde, ils doivent découvrir leurs véritables pouvoirs pour sauver notre planète de l’annihilation totale. Bref, au cas où vous seriez sourds et aveugles, c’est une nouvelle aventure cinématographique basée sur la franchise de jeu vidéo iconique.

Game over. Près d’un quart de siècle après Mortal Kombat: Destruction Finale, l’adaptation cinématographique du jeu vidéo de combat le plus célèbre de l’histoire (avec Street Fighter) renaît de ses cendres, sous l’impulsion de Warner Bros. C’est avec une certaine excitation qu’on accueillait ce Mortal Kombat nouvelle génération, fer de lance d’un regain d’intérêt du cinéma pour le jeu vidéo après plus d’une décennie de films de super héros. En attendant Resident Evil, Uncharted, Borderlands ou encore la série The Last of Us, l’inconnu Simon McQuoid, publicitaire, avait donc la lourde tâche de réconcilier fans de jeux vidéo et cinéphiles. Si le succès public est au rendez-vous, le film est hélas un échec artistique sur quasiment tous les poings… euh, points…

Le film de Simon McQuoid fait toutefois illusion le temps d’une introduction longue de 10 minutes, située au japon féodal: reconstitution convaincante, jeu de lumière, tension palpable et combat au sabre gore façon chanbara bis à la Miike (revoyez Blade of the Immortal sur Netflix). Hiroyuki Sanada, l’acteur japonais le plus stylé du cinéma américain, et, entre autres, ex-gloire de la série San Ku Kaï, fait d’ailleurs office d’héros très charismatique. Sauf qu’il joue Hasashi Hanzo, a.k.a. Scorpion, et qu’il est rapidement tué, avant de réapparaitre en bout de film, masqué. Au lieu de ça, Mortal Kombat aligne une galerie de quidams inintéressants au milieu de guest asiatiques de prestige – Tadanobu Asano (Raiden), Joe Taslim (Sub Zero), Chin Han (Shang Tsung). Des interprètes plus habitués à jouer les cascadeurs ou les silhouettes portent donc un semi-blockbuster sur leurs épaules, et même les scènes de combat ne leur permettent pas de briller. Si l’affrontement au sabre du début avait un certain panache, la suite est d’une banalité visuelle navrante, platement filmée et souvent sur-découpée.

Mortal Kombat essaie de donner une importance à un pitch bullshit – à la hauteur du jeu vidéo d’origine, sommet de série Z débile et jubilatoire – pendant près d’une heure de film. Simon McQuoid fonce la tête la première dans les poncifs du genre (l’élu, l’éveil des pouvoirs, le bien contre le mal) avec un ridicule pétri de malaise. Les «battle» se font longuement attendre, pour finalement être lâchement expédiée. Le combat contre l’iconique Goro et ses 4 bras dure par exemple trois minutes, en plus de ne présenter aucun intérêt en matière de mise en scène ou de décor (une ferme…). Mortal Kombat donne l’impression de ne pas pleinement s’assumer en tentant de s’acheter un sérieux et une crédibilité cinématographique via son script, et loupe tout ce qui aurait pu en faire le sel. De même, l’utilisation outrancière du gore, marque de fabrique de la saga vidéoludique, et l’introduction de quelques «Fatality» (les mises à morts spectaculaires du jeu), paraissent inappropriés, en décalage avec le ton que tente de prendre le film. Après que Warner Bros a annoncé son désir de produire 4 suites du film, on est tenté de mettre en place une pétition et de supplier le studio de «finish him!», mais qui sait, avec un vrai cinéaste aux commandes on pourrait enfin avoir le film Mortal Kombat dont on a toujours rêvé. D’ailleurs, il y a un talentueux réalisateur gallois en train de se mortifier chez Netflix, tout désigné pour reprendre le flambeau: Gareth Evans. M.B.

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