[CRITIQUE] LA FILLE DU 14 JUILLET de Antonin Peretjatko

Hector a rencontré Truquette le 14 juillet et n’a qu’une préoccupation: séduire cette fille qui l’obsède. Le meilleur moyen, c’est de foncer l’emmener voir la mer. Pator ne saurait lui donner tort, surtout si elle est flanquée de sa copine Charlotte. Les voilà partis sur les petites routes de France dont les caisses sont vides. C’est la crise !

En plein été, le gouvernement avance la rentrée d’un mois. Au boulot ! Un chamboule-tout et deux coups de feu plus tard, le groupe se disloque à l’image d’une France coupée en deux, entre juillettistes et aoûtiens. Rouler en sens inverse du travail n’effraie pas le trio restant, décidé à retrouver la fille du 14 juillet et à vivre un été débraillé.

Perché quelque part entre Max Pécas et le Luis Buñuel du « Fantôme de la liberté », « La Fille du 14 Juillet » se présente comme une comédie surréaliste et intemporelle dans laquelle une ambiance délétère de guerre civile est sauvée par l’absurde, la glande, l’hédonisme et l’humour (évidemment…).

Le réalisateur Antonin Peretjatko veut renouer avec la liberté et la légèreté des comédies obsolètes des années 70 pour mieux rire d’angoisses très actuelles : la peur du lendemain, l’obsession de l’argent, la mort de l’art – et la tendance consistant à considérer les artistes, les hédonistes et les rêveurs comme des branleurs insouciants.

Les comédiens en goguette et la narration foutraque proche du film-à-sketches contribuent au charme de cette virée dandy et érudite, pleine de sens et d’énergie, où les personnages voyagent pour fuir la morosité et la mélancolie. Quelque chose comme une fugue de Jacques Rozier sous ecsta.

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