Paris 1830. Octave, trahie par sa maîtresse, tombe dans le désespoir et la débauche : le “mal du siècle”. La mort de son père l’amène à la campagne où il rencontre Brigitte, une jeune veuve, de dix ans son aînée. Pour Octave, c’est à nouveau la passion. Mais aura-t-il le courage d’y croire ?
Confessions d’un enfant du siècle tente de capter ce que Musset décrivait comme le «mal du siècle», une expression traduisant la maladie d’une génération perdue (celle de la Restauration) et incidemment l’état du romantique : sentiment d’inadaptation par rapport à la rapidité des bouleversements historiques, incapacité à trouver sa place dans le monde, besoin d’exprimer l’énergie des passions et des rêves, nécessité de provoquer les bonnes mœurs pour masquer son malaise. Le reste tient de l’adaptation littérale du roman de Musset revenant sur sa rupture avec George Sand. Paradoxalement, le traitement est peut-être la vraie faiblesse de ce projet de cinéma ambitieux. S’il n’est jamais conforme aux attentes, le film ne répond pour autant à aucune de ses promesses de film-historique pop, d’autant qu’il lorgne ouvertement du côté de Sofia Coppola (Marie-Antoinette).
Si l’ensemble se réclame de la littérature pour mieux lui échapper, on ne comprend pas pourquoi un tel classicisme et un tel corsetage de la part de Sylvie Verheyde, la réalisatrice de Stella (2008) que l’on a connu plus spontanée. Le choix de Pete Doherty en Octave-Musset s’annonçait pertinent, mais on ne retient de son rôle que l’imagerie vite convenue du poète solitaire, déversant ses épanchements et cultivant l’extravagance avec une tendance à la pose Dandy. Et lorsque surgit Charlotte Gainsbourg en «vieille maîtresse», on est surpris de voir à quel point il manque une interaction émotionnelle entre les deux acteurs. C’est sûr, il y a de la tendresse dans le regard, mais pas de passion propre à l’histoire d’amour interdite. Vu la somme des talents, c’est frustrant.


