Pierre Le Gall, réalisateur de Du fioul dans les artères présenté à la Semaine de la Critique au festival de Cannes, parle de son coup d’essai dans la ChaosTV !
Pour la ChaosTV, Pierre Le Gall revient sur la genèse de son film Du fioul dans les artères, né pendant le confinement et nourri par une fascination pour le monde routier, le manque amoureux et les corps en mouvement. « En 2020, pendant le confinement, j’étais parmi les privilégiés qui pouvaient rester chez eux alors qu’on traversait un moment de grande inquiétude. Comme beaucoup, je regardais énormément la télévision et écoutais la radio pour essayer de comprendre ce qui se passait. Il y avait beaucoup de reportages consacrés aux métiers dits « essentiels » : les soignants, les caissières, les employés… et les routiers. J’ai été profondément touché par la passion et la fierté avec lesquelles ils exerçaient ce métier pour faire tenir le pays debout. Tout ce qui nous entoure (les vêtements, les lunettes, les produits du quotidien) a, à un moment ou un autre, été transporté par un camion. En prenant conscience de cela, j’ai aussi découvert la réalité de leur vie : partir cinq jours par semaine sur les routes, être loin de sa famille, de ses proches, de la personne qu’on aime. Et ça faisait écho à quelque chose de très intime pour moi, puisque mon ancien compagnon passait lui aussi beaucoup de temps sur les routes à cause de son travail. Pendant le confinement, nous nous sommes retrouvés ensemble, sur le même canapé, pendant quarante jours, et cela a fait naître chez moi l’envie de parler du manque amoureux, de la solitude et du rapport au travail. La route concentrait aussi beaucoup d’éléments de cinéma que j’aime profondément : le rapport à l’espace, au mouvement, au temps. Et comme je voulais raconter une grande histoire d’amour, ce décor s’est imposé comme une évidence. »
Regardez son interview dans la vidéo ci-dessous :



