
The Hyperboreans de Cristobal León et Joaquín Cociña (Quinzaine des cinéastes)
Vous les avez peut-être découverts en 2018 avec La Casa lobo, film d’horreur animé en stop motion que n’aurait pas renié David Lynch. Ou bien l’année dernière, avec la séquence d’animation de Beau is Afraid d’Ari Aster. Cristobal León et Joaquín Cociña, les deux fous de l’animation chilienne reviennent avec un second long-métrage, The Hyperboreans (Los Hiperboreos). Ce film est né d’un projet artistique ambitieux: l’organisation en 2022 de l’exposition du même nom à la Galerie des Arts Visuels du Centre Culturel Matucana 100 à Santiago. León et Cociña ont transformé la galerie en plateau de tournage ouvert au public. Le public était justement invité à participer au tournage, tandis que leurs réactions seront incluses dans l’objet fini. Le film s’annonce en tout cas expérimental. Peut-il en être autrement avec ceux-là? Pour la première fois une vraie comédienne sera au casting, Antonia Giesen, intégrée dans un univers d’animation cauchemardesque. Comme pour La Casa Lobo, The Hyperboreans traitera de l’empreinte de l’Allemagne nazie dans l’histoire récente chilienne. Quelques mots sur le scénario du film donnés par Joaquín Cociña au média chilien El Mostrador: «Il s’agit d’une tentative de construire notre propre Chili mythologique, mêlant des personnages de l’histoire chilienne récente et des éléments inspirés par Miguel Serrano, poète délirant, diplomate chilien et représentant du soi-disant hitlérisme ésotérique. Le nom des Hyperboréens vient précisément de l’ésotérisme nazi, qui l’emprunte à son tour à la mythologie grecque. Les Hyperboréens étaient des êtres semi-divins qui vivaient dans le nord de la Grèce. Les ésotéristes nazis ont interprété les Allemands comme les Hyperboréens. Comme je l’ai dit, cela nous est venu via Miguel Serrano, qui est un personnage du film». M.B.



