[CRITIQUE] FRANKENSTEIN PROJECT de Kornél Mondruczo

On avait repéré le hongrois Kornél Mondruczo avec Delta, déjà présenté en compétition au festival de Cannes en 2008. Il revient – et il n’est pas content – avec un film au titre trompeur (Frankenstein project). Pour tout dire, il ne s’agit pas d’une transposition du roman de Mary Shelley ni même un précipité fantastique mais juste l’histoire conflictuelle d’un père cinéaste et d’un fils rejeté – l’un étant le créateur, le second sa créature. Toute cette histoire serait donc une métaphore sur la relation père-fils? Oui. Avec son sempiternel cortège de clichés? Re-oui, hélas. Dans la première partie, l’action se passe essentiellement dans un immeuble désert extrêmement glaçant à la fois pour l’ambiance que le manque de moyens (beaucoup de panos pour pas grand-chose). La bonne idée de Mondruczo (il y en a au moins une), c’est que plus le récit avance, moins il y a de personnages. Tout se résume à l’essentiel et la narration devient aussi fragile qu’un flocon de neige. Malgré un indiscutable talent formel qui tend à l’épure et un sens indéniable de l’atmosphère (délétère, évidemment), Un garçon fragile manque de consistance pour convaincre et surtout émouvoir. On voit où l’ami Kornel veut en venir mais son bel objet formel, poseur et maniéré, est littéralement écrasé par la solennité et ne provoque rien de plus qu’un ennui poli. Sinon, Frankenstein va très bien.

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