Marseille, c’est bien sûr Marseille, Marseiilllleee, tais-toi Marseiilllleee. Cette ville méditerranéenne qui, on le sait peu, moins, voire pas du tout, a été, au début des années 80, traversée par les vibrations obliques de l’underground new-yorkais ! Le titre du nom de la cité phocéenne figure sur l’album éponyme du groupe Band Apart, publié en 1983 chez le label indépendant belge Crammed Discs. Band Apart, c’est la poétesse et performeuse new-yorkaise Jayne Bliss et le musicien et producteur marseillais M. Mader. Une association transatlantique pour un groupe qui s’est brièvement aventuré aux marges du post-punk et de la No Wave, ce courant expérimental qui bousculait les conventions du rock.
L’histoire du groupe commence autour de 1980, entre New York et Marseille. Jayne Bliss apporte sa voix et ses textes, M. Mader façonne des paysages sonores troubles, travaillés par les guitares, les claviers et les effets. Le premier EP éponyme paraît en 1981 : quatre titres qui attirent l’attention de Crammed Discs, jeune label belge alors en pleine exploration des musiques inclassables. Band Apart se retrouve ainsi associé à une scène qui préfère les atmosphères aux structures rock les plus prévisibles. Le groupe se produit en Europe et aux États-Unis avant d’enregistrer cet unique album long, Marseille, en 1983. Alors que le morceau porte donc le nom de la ville de Mader, son imaginaire musical ne se réduit évidemment pas à une carte postale provençale. On est vraiment dans un univers proche de l’expérimentation post-punk et ce qui est rigolo, d’ailleurs, c’est que ce Marseille n’a pas été enregistré près des Calanques ou du Prado, mais à New York, au studio Noise. Reste à savoir si Paris Orly de Deux a, lui, été enregistré à Orly…


