Vous avez probablement déjà regardé un police procedural. Mais si ! Vous savez ? Ces séries où on suit des policiers surdoués aux personnalités bien distinctes, capables de résoudre des crimes (souvent des meurtres) durant les 50 minutes chrono que dure l’épisode ? Pensez à NCIS, Les Experts, Esprits Criminels… Souvent, dans ces séries, quand l’enquêteur tombe sur un indice mais qu’il a besoin de plus d’informations à son sujet, il passe un coup de fil à un opérateur ou une opératrice. Ce ne sont pas des agents de terrain mais plus souvent des as de la tech ou du labo, capables de tracer un appel, d’identifier un suspect depuis une caméra floue, ou de hacker un ordinateur contenant des données cryptées en deux temps trois mouvements. Dans The Operator, cet agent si spécial, c’est vous.
Placé dans les années 1990, The Operator vous met dans la peau d’Evan Tanner, tout nouvel opérateur du FDI, le Federal Department of Intelligence. Son travail : attendre d’être contacté par des agents sur le terrain et utiliser la technologie à sa disposition pour les aider dans leurs enquêtes du mieux de ses capacités. Concrètement, le jeu vous met face à une interface d’écran d’ordinateur, sur un système d’exploitation fictif, et vous êtes contacté par des agents via un système de messagerie instantanée qui leur permettra de vous envoyer les indices numérisés sur lesquels ils ont besoin que vous enquêtiez. Ensuite, c’est à votre tour ! Ouvrez les fichiers vidéo, observez les photos, décelez les incohérences et trouvez les réponses qui vous sont demandées pour permettre à vos interlocuteurs de pouvoir à leur tour progresser dans leurs investigations.
Ceci dit, The Operator, s’il dispose de quelques énigmes malignes, n’est pas non plus un de ces jeux d’enquête qui va vous faire des nœuds au cerveau et vous demander de relier une demi-douzaine de pistes différentes en un tout cohérent. Contrairement à d’autres jeux « à interface » tels que The Rootrees are Dead ou Her Story qui demandent d’explorer une quantité folle de contenu pour comprendre le jeu (via un ersatz d’internet pour le premier ou des dizaines de vidéos pour le second), ici, vous êtes sur des rails, et votre progression et les énigmes qui vous sont accessibles sont entièrement liées au déroulement de l’intrigue. Mais c’est ce qui rend le jeu passionnant. Avec les outils dont il dispose, à savoir une interface d’ordinateur qui n’est complétée que par quelques suggestions de ce qu’est la vie d’Evan Tanner lorsqu’il quitte son écran, The Operator parvient à proposer une expérience narrative immersive d’une qualité rare (il fut d’ailleurs lauréat du prix de l’excellence narrative aux Pégases 2024), portée par un soin à tous les détails, notamment des dialogues doublés, et une musique qui souligne de fort belle manière les moments forts du jeu.
Difficile d’en dire plus sans en gâcher la surprise, mais nous ne saurions que trop vous conseiller de découvrir la pépite de Bureau 81. Ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve face à un jeu qui permet de vivre l’ultime fantaisie : celle de faire un travail de bureau intéressant.
The Operator est disponible sur PC (Steam, GOG, Epic Games Store) et sur Nintendo Switch



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