The Curse of Kazuo Umezu est une petite curiosité horrifique comme le Japon des années 80-90 savait en produire : obscure, bricolée, parfois franchement grotesque, mais suffisamment singulière pour mériter qu’on ressorte aujourd’hui ce vieux VHS rip poussiéreux des limbes de l’animation. L’adaptation de l’univers de Kazuo Umezu ne cherche jamais à faire dans la subtilité. Elle veut raconter des histoires de peur, montrer des corps qui se déforment et faire surgir des monstres là où il ne devrait rien y avoir. Et, sur ce terrain-là, elle remplit quand même plutôt bien son contrat. Suffisamment en tout cas pour vous donner envie de vous y aventurer.
Réalisé par Naoko Omi et écrit par Shiira Shimazaki, l’anime prend la forme d’une petite anthologie composée de deux récits. Dans le premier, une lycéenne commence à soupçonner la nouvelle élève de sa classe d’être un vampire après s’être réveillée avec une étrange marque au cou. Dans le second, quatre jeunes filles pénètrent dans une maison réputée hantée. Deux histoires très simples, presque des contes horrifiques racontés entre amis, qui avancent avec cette logique délicieusement naïve du « quelque chose ne va pas, mais allons quand même voir ». Les personnages ont ces énormes yeux qui rendent leurs expressions presque monstrueuses, les silhouettes sont traversées de traits noirs épais et les visages se déforment brutalement dès que l’horreur surgit. L’animation n’est pas particulièrement sophistiquée, mais elle transforme les excès graphiques du manga en mouvements. Et lorsque The Curse of Kazuo Umezu décide de devenir crade, il ne fait pas semblant.
Le premier segment dérive progressivement vers le body horror pur : bouche pleine de dents, araignées rampant sur la peau, chair qui se tord, langue tentaculaire et transformations qui semblent conçues pour tester les limites de ce que l’animation télévisée peut montrer. Le second abandonne toute retenue et compense son intrigue plus conventionnelle par une bonne dose de sang. Les membres se détachent avec une absurdité presque cartoon, les corps deviennent des poupées que l’on pourrait démonter pièce par pièce et même les ours en peluche finissent couverts de sang. On est entre horreur macabre et jump-scare hilarants, plus proche du conte horrifique ou de la bande dessinée d’horreur que du réalisme poisseux, de l’étrange beauté et de la peur par infiltration de Ringu et Dark Water de Hideo Nakata, auxquels on pense un peu par endroits. Et ce à quoi on pense le plus devant ça, c’est aux Contes de la crypte…
OAV de Naoki Omi · 45 min · 1 mars 1990Genres : Animation, Épouvante-horreur Pays d’origine : Japon |
OAV de Naoki Omi · 45 min · 1 mars 1990

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