« Confessions II – Le Film » de Madonna : le clip de 14 minutes signé Torso est-il chaos ?

On se demandait franchement si faire une suite au fabuleux Confessions on a Dance Floor, où Madonna ressuscitait l’ère disco à une époque où plus personne n’en avait rien à foutre, était bien raisonnable. Voire si cela ne tenait pas de l’aveu de faiblesse. Comme Beyoncé avec Renaissance, Madonna repart à la conquête des clubs et des espaces queers, et compte bien faire transpirer tout le monde, au prix d’ailleurs d’une promo aussi originale qu’envahissante. Il faut en effet la voir vendre son disque jusque sur Grindr, où l’on se retrouve avec des notifications de la Ciccone entre votre voisin torse poil et Grossteub78. Bien joué, mais un peu tard, surtout quand on sait que l’application de rencontres gay, rachetée depuis des années, fait plus de mal que de bien à la communauté (fonctionnalités payantes partout, partage illégal d’informations à des tiers…). Mais ça se tentait.

Après quelques sneak peeks pas très emballants (dont son duo avec Sabrina Carpenter), Mado sort le missile : un clip-medley de quasi quatorze minutes signé Torso (un collectif cachant un couple de jeunes photographes), format généreux bien que déjà vu (Farmer et Gaga sont déjà passées par là). On apprécie toutefois la démesure, les moyens mis en œuvre, la provoc mimi (les teucha-lasers : étonnant), la virtuosité technique, la manière de se réinventer et de réinvestir l’espace à 67 balais, de la piste de danse jusqu’aux pissotières, puisque Madonna sait si bien qu’il s’en passe, des choses, là-bas. Mais aussi une flopée de guests improbables qui rappellent l’ère Erotica (quand elle invitait Naomi Campbell, Udo Kier ou Isabella Rossellini dans un même geste) : certains tombent sous le sens (sa fille Lourdes, qui semble clairement avoir été traînée là de son plein gré, sa grande copine Debi Mazar, Arca ou encore Julia Garner, qu’elle adoube en attendant le biopic officiel) ; d’autres tiennent du WTF complet (le footballeur João Pedro ? Richard E. Grant ?? Benedict Cumberbatch ??? Ou même Kate Moss, qui apparaît lorsqu’on prononce le mot « cocaïne »…).

Mado s’en fout : elle invite tout le monde, fait ce qu’elle veut, elle s’amuse, et nous avec. On pourrait aussi vous dire que le meilleur ne se trouve pas totalement ici, mais aussi du côté du remix de Feel So Free par Queen Peggy Gou, non seulement meilleur que l’original, mais résonnant surtout comme un hommage direct à l’italo-disco façon Clio/Kano. Qui l’eut cru…

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