« Resident Evil » / « Resident Evil HD »

30 ans après, l’horreur est toujours intacte. Le jeu par lequel le survival horror a écrit ses lettres de noblesse, après quelques tâtonnements inauguraux d’oeuvres pionnières (Sweet Home en 1989 et Alone In The Dark en 1992, pour citer les plus significatives), Biohazard au Japon, Resident Evil à l’international, a marqué l’industrie dans les méandres de son manoir labyrinthique, où le parcours de Jill Valentine et Chris Redfield, semé d’embûches et de trahisons, prend la forme d’une catabase. Avec ses écrans pré-calculés, sa maniabilité tank (incliner le stick vers l’avant pour avancer et sur les côtés pour tourner en restant fixe) et sa gestion d’inventaire archaïque, Resident Evil était déjà plus ou moins daté à sa sortie, mais l’expérience, aride, faisait partie du sentiment de solitude et d’oppression dans lequel Shinji Mikami et ses équipes voulaient nous plonger.

Qu’importe, le mal est fait, pour notre plus grand bonheur, et le jeu reste toujours un modèle de level design, de design sonore (de la musique sublime des safe rooms aux grognements des zombies), de mise en scène (la première apparition d’un zombie ou l’irruption d’un chien infecté par la fenêtre parmi les plus grands moments de trouille de l’histoire) et de mystère. Malgré son acting aux fraises, le jeu reste captivant, notamment par le parti pris de révéler au compte-gouttes les secrets du scénario (un brin caricatural mais efficace), les origines du manoir Spencer et de la famille Trevor. Surtout, on en garde encore un monument d’ambiance, sublimée dans sa version remake sortie sur Gamecube en 2002, où chaque choix de point de vue et de décor restitue une appréhension et une angoisse. Un chef d’œuvre d’orfèvrerie où chaque sauvegarde, chaque retour en arrière, chaque porte ouverte (avec ses temps de chargement incompressible) est une prise de risque, un jeu avec la mort, le rouage d’une mécanique fatale qui s’abat sur le joueur. Le meilleur Resident Evil… ou presque.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!