Il est difficile de prendre la suite d’un authentique chef d’œuvre qui a révolutionné le jeu vidéo, mais Resident Evil 2 a relevé le défi haut la main. Première réalisation d’Hideki Kamiya (futur papa de Devil May Cry, Okami et Bayonetta), Resident Evil 2 marque une légère évolution en introduisant deux campagnes complémentaires (A et B) selon le personnage que l’on choisit d’incarner en premier : la bleusaille Leon S. Kennedy, qui débarque au Commissariat de Racoon City au pire moment, ou bien Claire Redfield, à la recherche de son frère disparu. Entre le scénario A et B, le joueur passera par les mêmes endroits, mais tout ce qu’il aura effectué dans sa première campagne (du zombie tué jusqu’aux denrées récoltées) aura un impact sur la suivante. Le scénario B fait d’ailleurs la part belle à Mister X, tyran collé aux basques du joueur, comme Nemesis un an plus tard.
La réussite principale de ce Resident Evil 2, outre ses personnages plus attachants et plus développés, c’est surtout son level design. Le commissariat, hub central du jeu à la manière du Manoir Spencer dans le premier, est un dédale de couloirs angoissants où la fuite est préférable à l’affrontement direct. L’introduction des lickers, monstres rampants et rapides à la langue interminable, est une des meilleures idées du jeu. La descente dans l’inévitable laboratoire (caché en dessous du commissariat et de l’orphelinat, interconnectés), qui devient alors un lieu commun de la série, n’a pas encore ce goût de réchauffé. Des choix d’autant plus payant que la production du jeu avait été relancée en plein milieu, pour en changer définitivement la direction artistique et son personnage féminin.
Le remake aura eu le mérite de rendre plus détaillée et palpable l’horreur du commissariat – un commissariat en demeure du mal et de la corruption ? Ne serait-ce pas un jeu ACAB ? – en sacrifiant toutefois l’impact de la deuxième campagne sur la première (plus de conséquences dans vos choix) et en introduisant dès le scénario A la menace omniprésente de Mister X qui auparavant transformait complètement le scénario B. Des choix d’ouverture pour une série qui avait besoin de faire des ventes et de se relancer définitivement après un épisode 7 plus que prometteur, mais qui contreviennent à la philosophie initiale de Kamiya. Reste quand même le spectre d’un très grand jeu.



