HALLOWEEN SPOOKY SEASON: des nouveautés à découvrir (ou pas!) en VOD

Alors qu’au cinéma la spooky season se retrouve fort bien récompensée avec l’enchaînement de Terrifier 3, Smile 2 et The Substance, la V.O.D sort aussi le grand jeu, bien consciente qu’une pléthore de séries B et Z attendent cette douce saison pour bondir de leur boîte. Voilà une sélection de films actuels, histoire de prendre le pouls du genre… et autant vous dire que le diagnostic n’est pas fameux!


Ne bouge pas, de Brian Netton & Adam Schindler
Une femme poursuivie dans la forêt par un tueur. Rien de plus. Un concept qui évoque furieusement Hush et Alone, survival sec et quasi-muet passé inaperçu. Ici s’ajoute une nouveauté: l’héroïne ne peut plus bouger, paralysée par une drogue administrée par le zinzin de service. Voilà. Résultat: tout s’anime autour d’elle, et rien d’autre. De vrais qualités visuelles (les premiers instants, quasi sans dialogues, sont les meilleurs) qui s’éparpillent dans un jeu du chat et de la souris au polish impec mais sans charme, le tout entaché par un trauma dump/allégorie sur le deuil cousue de fil blanc (dispo sur Netflix)


Stream, de Michael Leavy
Dans l’espoir de faire un break, une famille d’américains lambda déboule dans un hôtel peuplé de tueurs masqués. Le producteur de Terrifier rempile au poste de réalisateur avec un «megaslasher» (pour reprendre un terme emprunté à Mike Flanagan) avec Damien Leone aux maquillages et David «Art» Howard Thornton cette fois derrière un masque (le pauvre étant dirigé pour faire exactement la même chose que dans Terrifier mais sans les expressions faciales qui vont avec…). Si on s’amuse parfois à compter les stars de l’horreur venues cachetonner (Jeffrey Combs, Dee Wallace, Felissa Rose, Danielle Harris, Tony Todd et même Tim Curry planqué à la fin), on passe surtout son temps à regarder les aiguilles de notre montre s’affoler. Les petits défauts des Terrifier y sont exacerbés, et tout le reste n’est que échec (photo plate, durée déraisonnable, acteurs en mousse, meurtres sans grand intérêt, intrigue nullissime) mais permettront peut-être à certaine personnes de réévaluer la surprise que fut le premier Terrifier (du quasi-Carpenter à côté)… (dispo à la location sur Amazon & Apple U.S)


House of Spoils, de Danielle Krudy & Bridget Savage Cole
Une jeune cuisto investie dans l’achat d’un restaurant-cottage qui aurait appartenu à une drôle de vieille dame. Second film d’un tandem de réalisatrices, cette drôle d’affaire de restaurant hanté s’est faite allumer aussi sec. Aussi peu audacieuse soit-elle (scènes de frousses loupées et conclusion à l’avenant), cette rencontre entre le film de cuisine (The Bear et The Chef sont passés par là) et la folk-horror a le mérite de proposer une mixture assez peu commune. Le plaisir de voir Ariana DeBose et Barbie Ferreira tournoyer en cuisine, plutôt que des pauvres petites silhouettes lambda qui auraient définitivement enterrer cette prod Blumouse, sauve bien des misères à ce détournement culinaire du mythe de la sorcière, d’ailleurs visuellement plus qu’honnête. Pas de quoi faire un salto arrière mais pas de quoi sortir les fourches (dispo sur Prime)


Daddy’s Head, de Benjamin Barfoot
Un gamin perd son papa et doit à présent vivre sous l’aile de sa belle-mère, qui n’a jamais prévu d’élever un marmot. Puis, arrive une étrange apparition ressemblant tout à fait au patriarche décédé… Cela pourrait être le scénario d’un film d’épouvante espagnol projeté à Gerardmer un dimanche matin, mais ici on est plutôt sur un drame à l’anglaise, à la mise en scène gentiment assurée. Le hic, c’est que malgré le design «aphextwinesque» du fantôme, le film ne propose rien de nouveau et fonce droit dans le fantastique métaphorique. On s’en fout. (dispo sur Shudder)


V/H/S 99
Un VHS par an et autant de noms de codes et de dates à en perdre la tête. Ce qui explique probablement que Shadowz ait programmé en catastrophe l’opus sortie en 2022, soit VHS 99. Tout va bien, vous suivez? Si celui-ci confirme que l’utilisation de la caméra subjective devient de plus en plus gadget (attaque de punks zombies, bizutage morbide, voyeurisme mortel), on salue la totale réussie de deux segments: celui de Flying Lotus, délirant sur un lost media (un véritable jeu télévisé pour enfants qui avait mal tourné) pour en tirer un torture porn poisseux et lovecraftien (oui oui), et celui du tandem de Deadstream (mais que deviennent-ils??) soit Joseph & Vanessa Winter, où deux zigotos découvrent l’enfer en bonne et due forme du bout de leur caméscope. Tordant, flippant, inventif: comme leur long quoi (disponible sur Shadowz)


V/H/S Beyond
De l’autre côté de la manche, c’est V/H/S Beyond qui fait son apparition, avec cette fois une anthologie consacrée entièrement à un thème (les extra-terrestres). Autant dire que si ça coince (comme avec votre serviteur), on ronfle. Les amateurs de FPS adoreront probablement le 1er segment, qui ressemble à une partie de Left 4 Dead sans manettes, et Kate Siegel, fidèle collaboratrice et épouse de Mike Flanagan, tente de nous faire entrer dans un vaisseau alien dans une version confuse et lo-fi de Fire in the Sky. Au milieu, un surprenant mariage entre Bollywood et du carnage grand-guignol, et une virée en avion qui tourne mal le temps d’une séquence, il est vrai, assez impressionnante. S’il n’y a définitivement rien de honteux ici, on remarque que la volonté de surenchère, année après année, finit par tuer toute tension et par là même, tout intérêt. Rendez-vous l’année prochaine – oui c’est déjà prévu… (VHS Beyond dispo sur Shudder)


Hold Your Breath, de Will Joines et Karrie Crouse
On est d’abord surpris par le cadre, inhabituel pour une série B d’horreur: une ferme paumée de l’Oklahoma dans les années 30 où s’abat continuellement des tempêtes de sable mortelles. Et à l’intérieur, une famille menée par Sarah Paulson tentant d’y survivre. C’est intriguant (et plutôt élégant) pendant une demi-heure avant d’embrayer sur les citations (on pense aussi bien à The Others qu’à The Beguiled) et de se conclure sur un rip-off ensablé de Shining, avec la Paulson coursant ses bambins apeurés. C’est un poil mieux que The Wind, qui, sur un sujet très proche, en tirait une ghost story sans grand intérêt, mais ce n’est clairement pas la grosse fête non plus… (dispo sur Disney+)


Une femme en jeu, de Anna Kendrick
Comédienne à la filmo semblable à une pochette de bonbons Haribo, Anna Kendrick se met devant et derrière la caméra sur un sujet truecrimesque comme les adore Netflix. Elle y évoque le cas de Rodney Alcala, serial-killer étrangleur dont le sadisme prononcé et les attitudes de séducteur rappellent parfois un certain Ted Bundy. Celui-ci, en plein milieu d’une série d’assassinats et de viols, était apparu dans un jeu télévisé célébre dans les années 70, The Dating Game (qui deviendra chez nous Tournez Manège!). Kendrick y incarne le participante face au tueur chevelu, inspirante actrice courant tous les castings à la ronde. Le résultat est aux antipodes de ce que pourrait faire un Ryan Murphy: rien ne dépasse. Or, ce n’est pas tant sa retenu qui gêne, mais bien son côté ouvertement didactique. Plus que le portrait d’un monstre, Kendrick s’intéresse davantage au sexisme de l’Amérique des années 70 et au laxisme qui a (hélas) permis au tueur d’agir pendant des années. Le choix se défend mais grignote tout le reste, nous laissant en pâture un film très et trop conscient de son cahier des charges, parfois alourdi par un choix proche du miscating en ce qui concerne Alcala. Bref, ça n’a pas atterri sur Netflix pour rien… (dispo sur Netflix)


Savageland, de Phil Guidry, Simon Herbert et David Whelan
Séance de rattrapage pour ce found-footage jusqu’alors inédit en France. Un mockumentary noir c’est noir où l’on accuse un immigré d’avoir massacré tout un village près de la frontière mexicaine. Des photos prises cette nuit là permettent alors de témoigner d’une autre menace. Tout le projet est brillant, rondement mené, avec un arrière fond politique juste à point, mais dès lors que les enjeux s’éclaircissent (en facilement moins d’une demi-heure), on a juste l’impression de voir une énième série B d’horreur (on ne vous dira pas de quel sous-genre) avec une fausse moustache. À voir probablement sans spoilers… et bon courage pour ça! (dispo sur Shadowz)


MadS de David Moreau
En attendant de rejoindre OCS (où finissent bon nombre de séries z régionales…), le retour de David «Ils» Moreau passent d’abord curieusement par les States. Un film d’infectés qui a la mauvaise idée de la jouer «poudre aux yeux» avec un tournage en un seul plan séquence. Si on est sacrément fatigué de ce genre de fausse bonne idée, celle de voir un énième film de zombies hystérique par dessus n’arrange guère les choses. Joli plan final ceci dit. (dispo sur Shudder)


Frankie Freako, de Steven Kostanski
Kostanski est un mec qui vit dans le passé, au temps des animatroniques et des monstres en caoutchoucs. Un amour qu’il a offert sans détour dans une filmo sympathique mais hantée par l’envie désespérée, et un peu factice, d’être culte. Son nouveau joujou suit le même chemin que Psycho Goreman, hommage sanguinolent aux sentaï: ici un yuppie chiant comme la pluie réveille une cohorte de petits monstres punks, ersatz délibérés des Gremlins, Ghoulies et autres Puppet Master et Crados. Fin comme du parpaing, le film a au moins conscience de sa débilité, parfois même trop. Mais on mentirait si le résultat ne ferait pas sourire plus d’une fois, comme avec cette utilisation intempestive d’une parodie du thème musical de Body Double. (dispo à la location chez Amazon et Apple U.S)


Outside, de Carlo Ledesma
Un film de zombies en 2024? De 2h20??? On veut bien que le cinéma philippin ne soit pas très habitué au genre horrifique, mais pas sûr qu’on puisse tolérer un tel décalage. Contre toute attente, Outside fait preuve de certaines qualités qu’on ne lui soupçonnait pas; ce que souligne l’introduction, quasi-muette, où la caméra arpente les couloirs d’une maison abandonnée dans un moment suspendu et glaçant. Il y a donc un peu de cinéma, c’est déjà ça. Dans une atmosphère durablement poisseuse, une famille tente de retrouver le cour naturel des choses en posant leurs bagages dans une ferme. En plein apocalypse zombie, le retour à la normalité s’annonce plutôt compliqué. Petit à petit, le danger ne va pas venir seulement des créatures infectées (copiées-collées sur celles de The Sadness), mais du padre lui-même, rongé par quelques névroses peu fréquentables. Sous le panneau «patriarcat morbide», Outside se laisse tirer par le bas par sa durée infréquentable, son gore en CGI et son interprétation inégale. Tout n’est pas à jeter, sachez-le, mais le timing (qui veut voir encore un film de zombies dépressifs?) n’est définitivement pas le bon… (dispo sur Netflix)


Winnie l’ourson: du sang et du miel 2, de Rhys Frake-Waterfield
Terrifier commence à faire des petits… et ce n’est pas vraiment une bonne chose. Comme avec le succès surprise et un peu incompréhensible de Winnie The Pooh, premier du nom, qui a ramassé 7 millions pour à peine 100.000$ de budget! Son réalisateur ne se contente pas de signer une suite, mais d’annoncer un twisted chilhood universe (merci Marvel pour les ravages culturels!). En attendant (ou pas) les hostilités, cette séquelle continue de suivre les exactions de Winnie l’ourson, cette fois accompagné de Tigrou, Maître Hibou et de Porcinet (!), ici revenus dans l’espoir de charcler un maximum de monde pour faire chier ce pauvre Christopher. Le budget a légèrement doublé, ce qui explique l’upgrade visuel et la volonté de densifier un peu le récit: ne vous faites pas d’illusion, ça reste quand même très mauvais! (dispo sur Prime)

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