[WAXWORK] Anthony Hickox, 1988

Fils de Douglas Hickox, réalisateur british auquel on devait les grinçants Théâtre de Sang et Entertaining Mr Sloane, Anthony Hickox a su tirer de son côté toute la générosité de la série B d’horreur 80’s jusqu’à l’aube des années 90, réhabilitant la figure du loup-garou (Full Eclipse), du vampire (Sundown), sauvant des franchises timides (Warlock 2: Armageddon) ou en enterrant d’autres (l’embarrassant Hellraiser 3: Hell on earth). Avec Waxwork, il signait un billet d’entrée mastoc, et par là même son meilleur film. Quand on pense à l’horreur eighties, sans prétention, légère, grand-guignolesque, très bande-dessinée, on pense à ce film qui rejoint la lignée des monster-mash taillés pour les soirs d’Halloween. Surtout, il rehausse surtout à merveille le thème un peu usité du musée du cire, troquant le traditionnel trophée de chasse façon Grévin en délire multi-dimensionnel où chaque statue de la galerie, plus flippante que n’importe quelle réplique de Line Renaud, renferme une réalité parallèle.

Les dix premières minutes, brillantes, ont le temps de filmer un meurtre sauvage sur du jazz endiablé et d’introduire une tripotée de personnages loufoques, des fils de riches à l’arrogance à peine dissimulée en passant par une bourgeoise décérébrée ou un prof nazi: ça ne se prend pas au sérieux et ça marche, le It’s my party de Lesley Gore concluant le film confirmant la démarche. Constellé de têtes bien connues de la pop culture (Zach « Gremlins» Galligan, Patrick MacNee, John Rhys Davies, Dana «Twin Peaks» Ashbrook, David Warner) et raide dingue des jolis yeux de Deborah Foreman et de Michelle Johnson, Waxwork est d’une générosité digne d’une descente au DoMac à minuit tapante, réjouissant dans ses plus grands moments (le passage ultra-gore chez Dracula) comme dans ses défauts les plus évidents (le marquis de Sade a l’air de sortir d’un épisode de Angélique marquise des anges, et c’est quand même mieux d’en rigoler). La maigreur du budget ne semble jamais freiner Hickox, qui se contente allégrement de son concept foufou, tout en glissant quelques surprises bienvenues telle cette vierge effarouchée se découvrant des pulsions masochistes inattendues en plein climax!

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