Est-il encore utile de présenter cet ultime classique, lauréat de 5 Oscars en 1975, considéré comme l’un des meilleurs films de tous les temps par l’AFI (American Film Institut), ainsi que dans pléthore d’autres classements de meilleurs films ever ? Il est réalisé par Milos Forman (1932-2018), bien après le cultissime Au feu les pompiers! (1967), et surtout avant qu’il mette en forme d’autres chefs-d’oeuvre tels que Amadeus (8 Oscars en 1984), Larry Flynt (Ours d’Or en 1997) ou encore Man of the Moon en 1999 (clairement le meilleur rôle de Jim Carrey).
Avec ce film, il souhaitait faire une comparaison symbolique entre l’hôpital psychiatrique et la Tchécoslovaquie (son pays d’origine qu’il a fui au moment de la fin du printemps de Prague). Le personnage de McMurphy, c’était en fait lui-même résistant au communisme de l’époque. Mais surtout c’est le film qui fit décoller la carrière de l’immense Jack Nicholson, avec son rôle le plus fou (dans tous les sens du terme), qui lui permettra de décrocher un Oscar et surtout de perfectionner sa simulation de la folie avant Shining (1980) ou Batman (1989).
Plus de 50 ans après, l’œuvre adaptée du roman éponyme de Ken Kesey (paru en 1962) reste toujours aussi frappante, émouvante, drôle et triste à la fois. L’immersion réaliste dans un centre psychiatrique est totale, l’œuvre puise sa force en développant chacun des personnages secondaires et en utilisant certains acteurs non professionnels réellement atteints de maladies mentales, mais sans sombrer dans le pathos ni l’ironie. On reconnaîtra d’ailleurs parmi les internés le Doc de Retour vers le Futur (Christopher Lloyd) ou encore l’hilarant Danny DeVito. Sans oublier non plus l’infirmière en chef tyrannique interprétée par Louise Fletcher, au-delà de tous les superlatifs dans ce rôle avec Oscar à la clé. A (re)découvrir de toute urgence si vous cherchez à être émerveillé, surpris, choqué devant un même film que vous ne serez pas prêt d’oublier.
5 autres films dans le même univers de la psychiatrie :

L’Eveil (1990) : La rencontre De Niro/Williams fait des étincelles dans ce film très émouvant, une plongée intimiste se déroulant au sein d’un hôpital pour patients atteints de troubles psychiques profonds.

Dr Patch (1999) : Toujours avec Robin Williams en rôle de médecin, mais dans un autre registre, avec un film très loin d’être parfait. L’approche de la thérapie par le rire vaut néanmoins le détour, variant entre comédie et tragédie, et par ailleurs une dénonciation des conditions des étudiants et étudiantes en médecine dans les années 70.

Averroes et Rosa Parks (2024) : Second volet de la trilogie psychiatrique de Nicolas Philibert (Sur l’Adamant pour le premier, Ours d’Or à Berlin 2023 ; La Machine à écrire… pour le troisième en 2024). Un documentaire percutant et empathique, une plongée immersive à travers les couloirs de la psychiatrie des hôpitaux parisiens, filmant de manière frontale et discrète les interrogatoires de patients.

Split (2016) : Rien que pour le rôle aux 24 personnalités de James McAvoy, au jeu d’acteur époustouflant. Shyamalan à son meilleur, qui bouclera 3 ans plus tard une trilogie que personne n’avait vu venir (Incassable en 2000 et Glass en 2019).

Shock Corridor (1963) : Réalisé par Samuel Fuller, censuré dans plusieurs pays lors de sa sortie, et qualifié de « chef-d’œuvre du cinéma barbare » par Jean-Luc Godard. Un film diaboliquement kafkaïen et dérangeant qui ne ressemble à aucun autre de par sa mise en scène et son récit d’une authentique excentricité.


![[LILYA 4-EVER] Lukas Moodysson, 2002](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2026/03/Lilya-film.jpg)
