[SUMMER PLAYLIST CHAOS 2019]

JEAN-JACKY GOLDBERG

Laura Luca – Mai Ti Stancassi Di Me
Toujours grâce Aureliano, Laura Luca est sans doute ma plus belle découverte de l’année dernière. Elle a débuté en 1978 au festival de San Remo, et a sorti son premier album l’année suivante. Presque introuvable aujourd’hui (même sur Youtube, on n’en trouve pas tous les morceaux ; je n’en possède moi-même qu’une copie dégueulasse), Se Mai Ti Stancassi di Me est un des joyaux cachés de la pop italienne. J’adore le morceau éponyme, qui est une cover des Beatles (Here, There And Everywhere), mais j’aurais pu mettre Vento Nel Vento (une reprise de Lucio Battisti).

Barbra Streisand & Donna Summer – No More Tears
Depuis la projection de Mektoub My Love : Intermezzo à Cannes, je ne suis jamais vraiment sorti de ce club sétois, et je continue d’écouter en boucle ce morceau qui ouvre la très longue séquence. Enough is Enough ? Bien sûr que non.

Mario Acquaviva – Notturno Italiano
J’ai un peu honte car c’est encore à lui que je dois les deux morceaux suivants, toujours mon habituel dealer : Aureliano Tonet. Alors que je lui parlais de Tullio de Piscopio (dans ma playlist de l’an dernier (lien)), il m’a orienté vers le reste de la scène disco-funk napolitaine des 80’s, et notamment ce morceau parfait de Mario Acquaviva, Notturno Italiano.

Good Posture – Italy
J’ai dégoté ce morceau grâce à l’algorithme de Youtube (excellent, il faut le dire), qui a dû me le recommander en raison de mes écoutes répétées de Mac DeMarco, et tout cette synthpop de branleurs, vaporeuse, à écouter les dimanches de grasse mat’. J’ai très peu d’info sur ce groupe, Good Posture, fondé par un anglais blond à coupe au bol vivant à Paris, Joel Randles. Italy est mon préféré (même si je n’ai pas compris le lien avec l’Italie) mais ils ont trois morceaux dispos sur Bandcamp, tous formidables.

Mac DeMarco – Honey Moon
Je voulais mettre On the Level, un des singles sublimes de son dernier album, mais j’ai découvert il y a quelques jours ce morceau, une reprise de Haruomi Hosono et j’ai pris une claque phénoménale, doublée par la découverte de ce musicien dont Mac dit qu’il est son idole absolue, et dont, de mon côté je ne comprends pas comment j’ai pu l’ignorer jusqu’à présent. Sinon, aujourd’hui, pour moi, Mac DeMarco reste le plus grand songwriter contemporain.

Yellow Magic Orchestra – Tong Poo
Je me suis donc plongé dans la discographie foisonnante de Hosono (en partie rééditée par le label Light in the Attic), et j’ai réalisé qu’outre ses disques en son nom propre, il avait fait parti des groupes suivants : Apryl Fool (que Philippe Azoury m’avait fait découvrir l’an dernier dans sa playlist (lien)), Happy End (dont je connais depuis longtemps le morceau Kaze Wo Atsumete présent dans le BO de Lost in Translation) et, donc, Yellow Magic Orchestra (fondé avec Ryuichi Sakamoto en 1978), dont Davy Chou m’a fait découvrir ce morceau entêtant de disco bizarroïde il y a quelques mois. Du chaos à l’état pur.

Lou Bond – To The Establishment
Lou Bond n’a sorti qu’un album de six titres, à son nom, maudit — car à peine commercialisé par Stax en 1974, redécouvert des décennies plus tard, et ressorti par, évidemment, Light In The Attic). Je crois que c’est aujourd’hui mon album de soul préféré, et la concurrence est rude. David Blot l’a passé sur Nova un soir où je conduisais dans Paris, assez déprimé, et j’ai encore un souvenir vivace de cette première écoute, ces douze minutes en apesanteurs, cet orchestre symphonique, cette voix foudroyante, ces cordes déchirantes, ce scat final cosmique. Digne des plus grands Curtis Mayfield, Donny Hathaway ou Marvin Gaye (c’est Christophe Conte qui le dit).

Gerry Rafferty – Right Down The Line
Tout le monde connait Baker Street de Gerry Rafferty, et son fameux solo de saxo (le meilleur des 80’s ?), moins ce morceau, Right Down The Line, que j’ai redécouvert dans The Beach Bum d’Harmony Korine (film totalement chaos, au passage). J’ai une passion pour le Yacht Rock (qui porte bien son nom), ça me donne effectivement envie de porter une casquette de marin et de partir au large quand j’écoute ce morceau.

Solange – Almeda
Fou de cette chanson dès la première écoute — et son clip encore plus. Difficile de dire pourquoi. C’est une chanson entêtante (si on rentre dedans), très déstructurée, chopped and screwed, plus expérimentale que pop en fin de compte, derrière laquelle on retrouve Pharrell (perdra-t-il l’inspiration un jour ?). On dirait presque du Ninja Tunes 90’s. Le précédent album de Solange était déjà impressionnant, mais avec celui-ci, elle se hisse tout en haut du R&B contemporain

Christophe Musset – Orion
Cet ancien membre du groupe Revolver, qui se trouve être un ami (full disclosure) et a composé deux morceaux pour mon dernier film (Flesh Memory) ainsi que plusieurs pour Diamond Island de Davy Chou, vient de sortir son premier EP en solo, et en français désormais. C’est un joyau d’écriture pop-folk, très pur, rêveur, tout ce que j’aime. Je trouve qu’il y a du Dominique A et du Sufjan Stevens chez ce garçon, et ce n’est pas le moindre des compliments.

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