« SAI Disaster » : la J-Horror bousculée par Yutaro Seki et Kentaro Hirase

Du nouveau dans l’horreur japonaise. SAI Disaster, mini-série de six épisodes originellement appelée SAI, ramenée à un film de 128 minutes, au prix d’une narration fragmentée, propose une relecture étonnamment feutrée du film de serial killer japonais. Réalisé par le duo Yutaro Seki et Kentaro Hirase, le résultat se distingue par l’absence quasi totale de violence à l’écran. Aucun meurtre n’est montré, le sang est rare, et le tueur apparaît surtout comme une figure abstraite, presque symbolique, incarnant une fatalité inévitable. Le film s’attarde avant tout sur le quotidien morne de victimes ordinaires, issues de différentes couches de la société japonaise. Il juxtapose plusieurs trajectoires anonymes et au centre du dispositif, un homme mystérieux (Teruyuki Kagawa, dont la présence protéiforme instille une menace sourde) change d’identité avec une facilité inquiétante, incarnant une catastrophe sans mobile ni logique apparente. Seule à percevoir un schéma, une détective relie les victimes grâce à un indice récurrent, une mèche de cheveux coupée. Entravée par la bureaucratie et l’incrédulité, elle incarne la tentative fragile de l’ordre face au chaos social. À rebours des thrillers violents japonais, SAI Disaster explore moins le crime que les désastres humains ordinaires avec une mise en scène aux teintes pâles et désincarnées, inscrivant l’ensemble dans la lignée du cinéma d’horreur japonais contemporain. Ambitieux et troublant.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!