Révélée dans ATTENBERG, gymnaste dans ALPS, marin dans FIDELIO, L’ODYSSÉE D’ALICE, prochainement chez Philippe Grandrieux et Guy Maddin, ARIANE LABED est now à l’affiche de THE LOBSTER de Yorgos Lanthimos. 5 raisons pour lesquelles c’est une actrice SO CHAOS.
ELLE N’A JAMAIS RÊVÉ D’ÊTRE ACTRICE COMME ISABELLE ADJANI
«J’ai commencé ma carrière d’actrice dans une compagnie de théâtre basée à Athènes, mélangeant la danse et le théâtre. Et ce qu’on cherchait, c’était un langage corporel. Une façon de remettre en question les codes sociaux. Traduire des situations absurdes par le corps. Ce langage est très spécifique à la Grèce et je pense que ça vient d’une capacité à mélanger les arts. On peut utiliser le langage comme celui qu’a créé par Pina Bausch dans le cadre du cinéma ou même le transformer. On est plus cérébral en France, on est plus dans un rapport au texte. Moi, je n’ai jamais rêvé de faire du cinéma. J’en ai fait parce que j’ai rencontré une artiste, Athina Rachel Tsangari avec qui j’ai fait mon premier film Attenberg. Je viens de la danse et du théâtre, donc je suis plus intéressée par la scène, par le rapport direct avec le spectateur, que par l’image. J’ai découvert avec des artistes comme Athina et Yorgos que, contrairement à ce que je pensais, le cinéma pouvait être un champ des possibles énorme.»
POUR ELLE, THE LOBSTER EST UN CONTE BEAU ET MONSTRUEUX
«Je vis avec Yorgos depuis 3 ans à Londres. Donc j’ai lu toutes les étapes du scénario de The Lobster, j’ai travaillé en amont avec lui. La fabrication d’un film comme celui-ci m’intéressait. Yorgos fait partie de cette nouvelle vague grecque, révélée par les médias et les festivals, et il commence à être reconnu, même si c’est du cinéma de la débrouille, la plupart du temps. C’est quand même difficile de faire du cinéma en Grèce, avec si peu de moyens. C’est beau et romantique mais tu ne peux pas faire des films comme ça. The Lobster devrait lui ouvrir des portes. Si l’on dit à Yorgos que The Lobster ressemble à Buñuel, ce sera son plus beau compliment. Je le vois comme un conte beau et monstrueux, où tout est possible.»
ELLE ADORE BELA TARR, MICHAEL HANEKE ET APICHATPONG WEERASETHAKUL
«Pendant longtemps, j’étais fascinée par la Nouvelle Vague française. J’ai grandi avec les films de Godard. On voyait ses films avec ma compagnie de théâtre pour créer des situations, des scènes, des chorégraphies. Grâce à Yorgos, j’ai découvert d’autres cinéastes comme Bresson. L’émoi du texte, de la présence des acteurs au cinéma. C’est lui qui me l’a révélé. J’ai découvert par la suite d’autres cinéastes comme Apichatpong Weerasethakul, qui me montre sans cesse que l’on peut tout faire au cinéma. La découverte du cinéma de Béla Tarr a été un choc aussi. Pour citer des acteurs, je suis admiratrice du travail accompli par Denis Lavant, qui a tourné quelques uns des films que je préfère au monde, ceux de Leos Carax et Claire Denis. Qu’est-ce qu’il est classe dans Beau Travail ! Les films sont souvent des bonnes rencontres entre des acteurs et des cinéastes, comme la collaboration entre Isabelle Huppert et Michael Haneke. Et si je devais citer un film, ce serait Au hasard Balthazar (Robert Bresson, 1966). Un film qui m’a troublé jusqu’aux os et bouleversé, je suis incapable d’expliquer pourquoi.
ELLE A TOURNÉ POUR GUY MADDIN ET PHILIPPE GRANDRIEUX
«J’ai tourné 4 jours sur The Forbidden Room de Guy Maddin, c’était génial comme expérience. Il existe en fait deux films : un film qui est pour l’installation dans un musée et un autre film qui circule en ce moment dans des festivals et qui sort dans les salles françaises en décembre prochain. Des conditions de tournage très spéciales. On a tourné au Centre Pompidou dans une espèce de boîte avec des décors qui changeaient tous les jours, comme une boîte de poupée. Guy était avec nous et nous filmait. C’était hyper ludique, il travaillait les matières, les corps, les situations comme dans une transe. Philippe Grandrieux avec qui j’ai tourné Malgré la nuitfait également partie de ces cinéastes qui jouent avec toi, constamment. Qui s’impliquent physiquement, intellectuellement. Qui prennent le même risque que l’acteur. Je m’estime chanceuse de travailler avec des gens comme ça. Ce sont des cinéastes que j’admire et qui sont venus vers moi. Je pense que Attenberg a été le déclic. Une forme si singulière de cinéma qu’elle peut interpeller d’autres artistes. Peut-être qu’ils se disent en voyant Attenberg que je viens d’ailleurs (elle rit).»
ELLE TUE DES GENS DANS L’ADAPTATION CINÉ DU JEU VIDÉO ASSASSIN’S CREED
«Je tourne actuellement dans un blockbuster, l’adaptation du jeu vidéo de Playstation Assassin’s Creed, un film d’action avec entre autres Marion Cotillard et Michael Fassbender où je ne fais que tuer des gens à longueur de temps et qui est réalisé par Justin Kurzel, le réalisateur des Crimes de Snowtown et MacBeth. Si j’ai accepté d’en faire partie, c’est aussi pour la vision de ce cinéaste. Fassbender était attaché au projet depuis quatre ans et du coup, il a choisi ce réalisateur et le réalisateur, lui, m’a choisi. Il était assez libre dans son casting et cela devrait donner quelque chose de très stimulant.»


