« Love, Death & Robots » : un nouveau « Jibaro » dans la saison 4 ?

Près de trois ans sans Love, Death & Robots et on était prêt à se demander si le projet n’était pas tombé à l’eau. Entre-temps, son créateur Tim Miller s’est même permis de livrer à l’ennemi (en l’occurrence Prime) Secret Level, une série similaire basée sur l’univers du jeu vidéo. Mais après le choc sismique Jibaro de la troisième saison, la barre avait incontestablement grimpé : cette quatrième saison, lancée sans bruit, a comme un parfum de dépit…

Un sentiment vite attrapé au vol à la vision de Can’t Stop, pastille musicale signée David Fincher à la gloire des Red Hot Chili Peppers (???!!!). Si on essaie de mettre toute aversion du groupe de côté, le résultat est relativement virtuose pour ce qu’il est (un clip quoi), mêlant pyrotechnie 3D et marionnettes : mais en l’état, la présence du bidule interroge vraiment. Une autre confirmation que le mariage entre Fincher et Netflix n’a de cesse de nous rendre chafouin (sauf pour le concerné qui semble au contraire très satisfait de son alliance).

Quant à la tentation d’abandonner le bébé encombrant, on l’a sentie également poindre à la vision de Golgotha, concocté justement par le créateur de la série Tim Miller, y mettant en scène une rencontre humain/extra-terrestre sans grand intérêt : un manque d’ambition qui se retrouve autant dans le récit, très limité, que dans l’utilisation de véritables comédiens, les CGI ne servant ici qu’à animer les quelques aliens aperçus. On frôle à bien des égards la trahison du concept même de la série, soit offrir un boulevard à l’animation quelle que soit sa forme.

Pour revenir à l’ADN de la série (la SF pour adultes donc), ce sont Spider Rose (réalisé par Jennifer Yuh Nelson, réalisatrice de Kung Fu Panda 2 (2011) et Kung Fu Panda 3 (2016)) et The Screaming of the Tyrannosaur qui s’occupent de remettre les pendules à l’heure. La technique est superbe, mais au service de quoi ? Une fable cosmique inintéressante et des combats de dinosaures animés par le youtubeur MrBeast (??!). Si on peut reconnaître au second une emphase sur l’action parfois bien troussée, on reste globalement frustré par ses semblants d’univers vus et revus.

Un poil plus d’enthousiasme pour Smart Appliances, Stupid Owners, hommage assumé aux fameux Creature Comforts du studio Aardman (1989) où des animaux confessaient leur petite vie face caméra. Même principe ici, toujours avec de la stop-motion, mais attribué à des objets connectés. Ni plus ni moins qu’une petite blague, plus cocasse qu’hilarante.

Retour au pétard mouillé avec How Zeke Got Religion qui, malgré son animation traditionnelle et un concept alléchant (et si les nazis avaient vraiment réussi à manipuler les forces occultes ?), enferme son action dans un avion, finissant par ressembler à une séquence de monster-flick lambda. 400 Boys tente également de se reposer sur son joli design pour illustrer un affrontement évoquant une version post-nucléaire de L’Attaque des Titans (2013-2023). Pour l’excitation, on repassera.

Moins convaincant visuellement (le cel-shading, ça se discute pour dire les choses poliment), For He Can Creep s’aventure dans une imagerie séduisante (du conte folklo gothique où une tripotée de chats affrontent Satan lui-même) et finit par passer à côté de son potentiel. On aurait rêvé voir un Don Bluth de la grande époque sur un tel sujet.

Au rayon « on est quand même pas venus là pour rien », citons The Other Large Thing, petit illustré du désastre où un chat despotique fait ami-ami avec un robot. Il s’agit plus précisément d’un prequel aux aventures du trio de petits robots qui étaient venus squatter plusieurs saisons de Love, Death & Robots : on y retrouve le même ton acerbe, tendance Pixar au Destop, qui fait décidément bien plaisir. Et le tout fonctionne très bien en stand-alone, fort heureusement…

À défaut d’avoir un Jibaro cette année, on ne peut que vous inviter à aller voir Close Encounters of the Mini-Kind, le retour en force du tandem à l’origine du génial Night of the Mini Dead (série antérieure à Love, Death & Robots). Le procédé est le même (contempler un scénario de série Z comme un petit monde en macro) mais appliqué à une invasion alien : le cocktail d’action gore et d’humour graveleux, comme du Mars Attacks! (1996) façon Fluide Glacial, en font le grand moment de cette saison faiblarde.

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