Du cinéma, du Blu-ray, du jeu vidéo, du 2.0… c’est la sélection chaos du vendredi par la rédaction. Si on devait vous proposer de découvrir notre dernier coup de foudre, ce serait celui-ci…
MORGAN BIZET: La Voyageuse de Hong Sangsoo (cinéma)
Une drôle de satire sur l’incommunicabilité des coréens, dont la sincérité étouffe sous le vernis de l’extrême politesse. Isabelle Huppert joue une professeure de français sans gêne, un peu charlatan, un peu clocharde, qui se révèle finalement comme une magicienne au contact des locaux. L’un des films les plus drôles de Hong Sangsoo, et encore une variation, plus lâche et détendue cette fois, de son cinéma du même qui n’est jamais complètement le même.
GÉRARD DELORME: Le festin chinois de Tsui Hark (Blu-ray)
Réalisé juste avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, Chinese feast rend compte de la frénésie créative alliée à l’angoisse de fin du monde qui régnait à l’époque. Leslie Cheung joue un ancien gangster qui ambitionne de devenir chef cuisinier, mais commence en bas de l’échelle, avant que la chance se présente sous forme d’une compétition culinaire que le jeune ambitieux va essayer de remporter avec l’aide d’un ancien chef devenu alcoolique. Tsui Hark adapte les codes du kung-fu à la sauce piquante dans cette comédie exubérante et spectaculaire qui ressort opportunément sans avoir pris une ride.
JÉRÉMIE MARCHETTI: La secrétaire de Steven Shainberg (Blu-ray)
Double écho à Babygirl fraichement sorti: déjà pour son sujet, avec une Maggie Gyllenhaal découvrant les plaisirs de la soumission, et aussi parce que son réalisateur Steven Shainberg, aujourd’hui lost de chez lost, fera tourner peu après Nicole Kidman dans le tout aussi bizarre Fur (où l’actrice montrait déjà qu’elle n’avait pas peur de grand-chose). À la différence de son successeur, La secrétaire prend les atours d’une rom-com tordue assumée, où le marivaudage passe par des humiliations bdsm mise en pratique dans un univers bureaucratique et feutré.
THIBAULT RIVERA: Severance de Dan Erickson et Ben Stiller (VOD)
S’il nous reste encore à découvrir ce que vaut la deuxième saison, on peut d’office renvoyer vers la première saison de cette création (vraiment) originale d’Apple, signée Dan Erickson et Ben Stiller. Sans que son high-concept ne devienne jamais trop envahissant, cette première saison met toute son énergie pour laisser le spectateur s’installer aux côtés de quatre employés d’une mystérieuse firme visiblement adepte des liminal spaces souterrains. C’est qu’au travers de cette fascinante histoire de scission des existences individuelles, Stiller et son équipe donnent aussi à voir au consommateur moderne de fictions son propre état de dédoublement: forcément, ça scotche.
GAUTIER ROOS: Drôle de couple de Gene Saks (VOD)
Une comédie new-yorkaise dépressive avec Jack Lemmon (l’hypocondriaque) et Walter Matthau (qui fait du Walter Matthau) ne peut décemment pas être mauvaise, surtout quand elle est tirée d’une pièce de Neil Simon et que le score a été composé par Neal Hefti, un arrangeur génial trop méconnu par chez nous. Disponible sur le site d’Arte.



