Halloween approche! Notre rédacteur Geoffroy DeDenis vous donne dix films à voir absolument en cette délicieuse période chaos. En attendant la sélection des autres membres du Chaos.
Murder Party, Jeremy Saulnier (2007)
Un nerd qui pue la loose et se fait juger par son chat passif-agressif en vient par dépit à répondre à une invit’ anonyme pour une soirée d’Halloween. Pas de chance, la fête est organisée par un gang de wanna be meurtriers qui veulent le massacrer pour le bien de leur concept artistique novateur. C’est post-horreur, rigolo, ça a été fait par le p’tit bonhomme derrière Blue Ruin, Green Room et sa team. Il y a un chien sous crack, un loup-garou alcoolo et la Pris de Blade Runner sur-cokée. Murder is the new black.
Desperate Living, John Waters (1977)
Mink Stole hurle des horreurs à des petits enfants, à son mari et à la terre entière. On atterrit dans un pays des merveilles craignos, où les gens sont obligés de s’habiller de manière à avoir l’air stupide et où les flics font du lap dancing à poil. I mean, what are you waiting for?
Ginger Snaps, John Fawcett (2001)
Deux sœurettes lycéennes s’emmerdent tellement qu’elles fantasment leurs suicides et en font des mises en scènes photographiques pour leur classe qui apprécie moyennement. Mais la puberté et la contamination de l’une d’elles par un loup-garou va foutre en l’air cette idylle morbide qui débutait pourtant si bien. C’est beau comme un épisode de Daria tourné avec de vrais acteurs et plus de sang.
The Craft, Andrew Fleming (1996)
Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk.
Blood for Dracula, Paul Morrissey (1974)
Un comte Dracula bizarre, sous-alimenté et triste – Udo Kier – cherche à survivre en buvant le sang d’une vierge. Mais wake up Dracula! Plus personne n’est vierge. Joe Dallesandro, le campagnard hétérosexuel furieux et communiste leur est toutes passé dessus. Une critique socio-politico-méta-lol où Roman Polanski porte une moustache, où à peu près tout le monde est sexy et où on a droit à une scène de dégueulis d’hémoglobine mythique ponctuée d’un : « The blood of these whores is killing me ».
La Maison des 1000 morts, Rob Zombie (2003)
Choix ardu puisque quatre-vingt-dix pour-cent des films de Rob Zombie se déroulent le soir d’Halloween, mais il faut reconnaître qu’il n’y a presque que du bon dans ce voyage en train fantôme white trash sous peyotl. Et de toute façon c’est ce qu’on aura de mieux à se mettre sous la dent avant que Rob ne réussisse à amasser suffisamment d’argent pour son hypothétique projet d’adapter l’affaire Manson en série, co-écrit par Bret Easton Ellis et avec Lindsay Lohan dans le rôle de Sharon Tate. Mais enfin que fait Harvey Weinstein?
The House of the Devil, Ti West (2009)
Années 80, une babysitter – entendez par là étudiante fauchée au bout du rouleau – se retrouve à devoir veiller une très vieille dame qu’elle n’est même pas supposée voir, au lieu du marmot hyper énervant auquel elle s’attendait. Oui c’est louche, maiiis on lui promet une grosse somme d’argent en contrepartie, alors comme toute meuf dans la vingtaine à peu près sensée elle dit : « OK ». Wrong. Le passage où Jocelin Donahue danse sur One Thing Leads to Another suffit à rendre le film génial. C’est lent, mais la tension est suffisamment insidieuse pour que ça ne soit jamais ennuyeux et les fulgurances de stress disséminées entre deux silences pesants rééquilibrent le tout. Bonus Mary Woronov.
Sinister, Scott Derrickson (2012)
On aurait tendance à sous-estimer un film dont le pitch rappelle autant The Shining, et pourtant. Il contient des pièges scénaristiques assez malins et les snuff movie familiaux en super 8 sont chacun de petites réussites de glauquitude. Le tout accompagné par une des meilleures B.O. horrifiques de cette décennie, signée Christopher Young. Le petit plus c’est que cette composition originale est agrémentée de trouvailles en provenance du fin fond de la Norvège sataniste black metaleuse des années 90. De quoi vous empêcher de dormir, ou au moins de vous réveiller en pleine sieste pour vous coller une sévère paralysie du sommeil.
May, Lucky McKee (2002)
Une authentique romance gothique contemporaine, habitée par Angela Bettis, toute mimi, mais avec quelques problèmes. Isolée, presque autiste, elle se sent prête à tomber amoureuse. Catastrophe. Lucky McKee reprend le motif du gentil monstre qui se prend des râteaux par le monde des normaux jusqu’à en devenir vraiment méchant. Et comme c’est toujours le cas lorsqu’on réussit son monstre, à la fin le spectateur pleur avec lui. Bonus Anna Faris. Bonus James Duval.
Body Double, Brian De Palma (1984)
Le film préféré de Patrick Bateman et on peut dire qu’il a bon goût. Un remake de Fenêtre sur cour encore plus fétichiste. Comme un rêve de Los Angeles, avec des baisers au ralenti, des pornstars, Frankie Goes to Hollywood, des crises de claustrophobie et des meurtres au marteau perforateur électrique de chez Darty.

