“La cure” de Clément Schneider, à découvrir mardi 7 septembre au Club Shellac X Chaos

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Alors que Lav Diaz viendra présenter son Norte le dimanche 5 septembre (séance animée par Antoine Thirion), le Club Shellac X Chaos remet le couvert le mardi 7 septembre avec l’avant-première de La Cure, une dark-thalasso réalisée par Clément Schneider (Un Violent désir de bonheur) et Simon Rembado.

C’est l’été. Paul et sa femme Hélène, «les Parisiens», décident de profiter du récent déconfinement pour emmener Lisa, la jeune sœur de Paul en convalescence à la campagne. Là, ils retrouvent leurs amis d’enfance, Bruno et sa sœur Mélanie. Il y a ceux qui s’aiment sans le dire, ceux qui ne s’aiment plus sans se l’avouer. Il y a aussi le télétravail, le sanibroyeur à réparer, une thèse qui n’en finit plus, le voisin alcoolique et deux mondes qui font semblant de cohabiter. Une comédie grinçante adaptée des Enfants du soleil de Maxime Gorki (1905), pièce décapante où la grave épidémie de choléra de 1862 venait perturber un petit aréopage de privilégiés englués dans le confort, sur fond de fronde sociale qui sonne à la porte (tout parallèle avec aujourd’hui est évidemment fortuit…). Méfiez-vous de ce titre ironique et de ce dress-code fait d’espadrilles et de shorts à rayures. L’humeur de ce long-métrage est loin, très loin, d’être estivale. Film de campagne où le grand air est quasiment absent, La Cure trempe dans un bain d’acide une collection de personnages au bord de la crise de nerfs, émoussés par un contexte sanitaire qui aurait pu renforcer la solidarité, mais qui n’a fait qu’exacerber les névroses des uns et les jalousies des autres… Petits intérêts privés maquillés en «sens du général», télétravailleurs totalement sourds à leur entourage, remarques paternalistes et hygiénistes déguisées en rappels bienveillants, aliénation collective au tout-puissant smartphone même avec sa douce à côté sur l’oreiller: vous vous reconnaîtrez sûrement dans ce breuvage miroir-concocté par une vitrioleuse qu’on croirait échappée de la fin du 19e siècle! Si vous n’en pouvez plus de votre beau-frère qui la ramène tout le temps, si vous pensez que la dépression citadine est plus contagieuse encore que le virus, si vous aussi le confinement vous a donné des envies d’infidélités sentimentales, venez nous voir au Saint-André des Arts (Paris 6e) mardi soir. En présence de Clément Schneider (votre hôte Gautier Roos fera circuler le micro dans la salle)!

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