INSIDE JOB/FEAR X, Nicolas Winding Refn. 2002

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A la suite du décès brutal de sa femme dans le parking d’un centre commercial, Harry Cain a des visions étranges qui le hantent jour et nuit. Il décide de résoudre lui-même le mystère qui entoure le meurtre présumé de sa femme.

Inside Job marque la première expérience américaine de Nicolas Winding Refn. Elle est née de sa fascination pour Massacre à la tronçonneuse, de Tobe Hooper (son film préféré). En le découvrant très jeune, il a compris la possibilité de faire du cinéma comme une peinture, une installation artistique ou un morceau de musique abstraite. Ici, il a confié la bande-son à Brian Eno, qui a cherché à peindre le film avec sa musique. Régulièrement, il envoyait à Nicolas Winding Refn et Hubert Selby Jr. un CD de ses compositions qui devenait une source d’inspiration pour le travail d’écriture. Ainsi, le scénario et la musique n’ont cessé d’évoluer de concert.

Pris séparément, les ingrédients de Inside Job font saliver. À la manière d’Insomnies (Michael Walker, 2000), le film plonge dans le cerveau d’un homme en proie à d’étranges perturbations psychologiques, hanté par le souvenir de sa femme décédée dans des circonstances obscures, qui mène l’enquête et découvre ses propres zones d’ombre. Pas la peine de chercher une résolution satisfaisante : tous les indices sont placés au début. Ainsi, plus l’intrigue progresse, moins on en sait. C’est comme un mur dont le réalisateur et le scénariste retire les briques une à une. La vérité est masquée et l’horreur, située à la périphérie. Hanté par les frères Coen (Miller’s Crossing et Barton Fink), ce petit film étrange et fascinant ressemble à un croisement tordu entre les univers d’Antonioni et de Lynch. On peut ne pas adhérer à cette forme de cinéma, mais pour peu que l’on prenne le temps d’écouter la détresse du protagoniste (ses pleurs remplacent les mots qu’il ne parvient plus à formuler), alors le voyage mérite qu’on s’y perde. Ce n’est pas Clean, Shaven (Lodge Kerrigan, 1994), mais presque.

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