Rappelant quantité de récits romantiques dont raffolait la littérature adolescente des années 2010, In Waves, premier long-métrage de la cinéaste franco-vietnamienne Phuong Mai Nguyen, ne prétend jamais se débarrasser des fragilités du genre, de sa structure narrative parfois fragile, propice à un enchaînement de séquences artificielles, comme de ses tropes visuels aisément qualifiables « d’eau de rose ». C’est alors en épousant cette beauté candidement adolescente mais évanescente que le long-métrage tire un récit dont le caractère passager, malgré quelques accélérations rythmiques légèrement gênantes, touche justement par sa naïveté et sa maladresse. Il ne s’agit ici que de croire en « l’amour véritable », celui qui part de l’événement le plus anodin en apparence et, par effet papillon, chamboule tout.
Le geste en devient d’autant plus touchant qu’il s’incarne dans un style visuel d’abord déconcertant par son jeu à la lisière entre 2D et 3D, mais rapidement envoûtant par sa richesse stylistique, décors peints et vagues organiques servant de constants amplificateurs à une émotion adolescente joliment chaotique. Peu importe alors que cette richesse soit savamment dosée ou parfaitement agencée, puisqu’elle fonctionne avant tout à l’énergie, au mouvement, vecteurs de vie. Ne demeure peut-être, en bout de course, qu’une tendance au mélo virant parfois au surdosage démonstratif, brouillant malheureusement, côté musique, les douces compositions d’Oklou autant que le rigoureux travail sonore du film.
Parfois cabotin, ou du moins démonstratif dans son travail de l’émotion, le film, en forme de vaste coming of age, ne manque pourtant pas de toucher régulièrement au sublime dans ses séquences les plus dépouillées. De timides échanges adolescents, une plongée dans l’eau avec appréhension : tout se construit pas à pas, dans le calme d’espaces d’abstraction bouleversants, qu’ils soient concrets ou intimes. De sa naissance à son inéluctable fin, cet amour se tisse d’une pureté propice à quelques larmes, dans la fluidité d’un amour qui n’a d’autre horizon que celui d’avancer à deux. Imperfections naïves et beauté bouleversante ne peuvent alors que devenir miscibles.
1 juillet 2026 en salle | 1h 35min | Animation, Drame, RomanceDe Phuong Mai Nguen | Par Fanny Burdino, Samuel Doux Avec Lyna Khoudri, Paul Kircher, Rio Vega |
1 juillet 2026 en salle | 1h 35min | Animation, Drame, Romance


