« Dust » : le merveilleux Tsai Ming-liang poursuit son éloge de la lenteur

Le cinéaste taïwanais Tsai Ming-liang poursuit sa série Walker avec Dust, son nouveau film consacré à un « personnage en marche », encore et toujours, et pour toujours, avec son acteur fétiche, Lee Kang-sheng. Cette fois, le moine marcheur traverse San Sebastián, au Pays basque espagnol, dans une déambulation à son rythme toujours extrêmement lent. Il longe notamment le Peigne du vent, célèbre ensemble de sculptures d’Eduardo Chillida, tandis que la mer se soulève et vient se briser contre le rivage. Au fil de sa marche, le Walker croise une ancienne ferme basque et un homme silencieux. Il aperçoit également une femme qui boit de l’eau, une autre qui fume, ainsi que des punks réunis dans un bar de rock. La déambulation se poursuit jusqu’à la vieille ville, observée au coucher du soleil. Comme dans les précédents films de la série, Tsai Ming-liang transforme ces gestes et ces rencontres ordinaires en une méditation sur le temps, le mouvement et la présence. Le titre Dust renvoie au Sūtra du Diamant, qui évoque ainsi tous les êtres vivants : « Les grains de poussière ne sont pas des grains de poussière ; c’est pourquoi on les appelle des grains de poussière. » Avec ce onzième Walker, le cinéaste poursuit ainsi son exploration minimaliste du monde et de la marche, cette fois dans les paysages de San Sebastián. Les amoureux de Et là-bas quelle heure est-il ? et La saveur de la pastèque trépignent d’impatience.

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