Donnie Darko de Richard Kelly ressort pour son 20e anniversaire dans une édition qui devrait remuer l’espace-temps. Pas vraiment besoin de ré-évaluer ce premier long étrange et labyrinthique, vite acquis à une postérité culte, apparu dans une époque post-11 septembre où le forum de discussion n’avait pas encore déposé les armes face aux réseaux sociaux. Un classique, qui ne s’est visiblement pas laissé affadir par le poids des années.

À film somme, édition faste, sortie par Carlotta pendant Halloween. Les années 2000 ont donc déjà leur film culte, leur graal cinéphilique réunissant dans un même geste Lynch, Spielberg, American Beauty et Magnolia, le tout relevé par une sauce qui sent très fort le Nouvel Hollywood. C’est peut-être là où le film est le plus fort: réussir à marier les influences sans jouer la carte de l’empilement geek, trop souvent de pure connivence avec le spectateur. Le film a aussi les deux oreilles tendues vers Stephen King, longuement mentionné dans le modèle d’entretien livré en introduction du bouquin dispo dans cette nouvelle restauration 4K en boîtier métal SteelBook. 35 pages passionnantes, au plus près de la fabrication du film, qui nous font comprendre que 2003 est déjà très loin (on peut y lire que « beaucoup de gens dénigrent King », alors que l’homme aux petits yeux creepy est aujourd’hui le parangon de la pop-culture mondiale, consacré même jusque dans les rangs de l’Université). On se quitte avec une très belle formule de Richard relatant l’accueil tout en contraste du film à Sundance, et on vous recommande chaudement de faire des heures supp’ pour pouvoir vous procurer le coffret: « Pour une raison quelconque, les gens pensaient que Donnie Darko n’avait rien à faire à Sundance. C’était le premier film en compétition à comporter des effets numériques significatifs. Je crois que cela dérangeait une certaine façon de voir à l’ancienne. Ils préfèrent regarder des films sur des lesbiennes qui cuisinent des caramels ». La nouvelle restauration 4K en boîtier métal SteelBook limité contient le 4K Ultra HD du film en version cinéma, dans une nouvelle restauration 4K (HDR Dolby Vision et HDR10, 113’11”, VOST) et le 4K Ultra HD du film en version Director’s Cut, dans une nouvelle restauration 4K (HDR Dolby Vision et HDR10, 133’50”, VOST). Ci-dessous les suppléments:

4K Ultra HD 1 (film en version cinéma) :
2 commentaires audio: Richard Kelly et Jake Gyllenhaal (2002, VOST) et Richard Kelly et l’équipe du film (2002, VO)
«Deus Ex Machina : la philosophie de Donnie Darko» : documentaire fleuve sur le film et ses secrets (2016, HD, 85’23”, VOST)
«The Goodbye Place» : le 1er court-métrage de Richard Kelly (1996, N&B, 8’43”, VOST)
20 scènes coupées et alternatives avec commentaire audio optionnel de Richard Kelly (33’34”, VOST)
« Un espace-temps avec Richard Kelly»: entretien exclusif avec Richard Kelly (2019, HD, 65’51”, VOST)
Bande-annonce (2001, 2’28”, VOST)
Bande-annonce 2019 (HD, 1’38”, VOST)

4K Ultra HD 2 (film en version Director’s Cut) :
Commentaire audio de Richard Kelly et Kevin Smith (2005, VOST)
Journal de bord de « Donnie Darko », avec ou sans commentaire audio (VO) de Steven Poster (2004, 52’54”, VOST)
15 entretiens d’archives avec l’équipe du film (2001, 15’35”, VOST)
Comparaison film / storyboard (2004, 7’58”, VOST)
«Home Cinema» : discussion inédite entre Richard Kelly et Fabrice du Welz (2019, 26’11”, VOST)
«L’envers du décor» (2001, 4’37”, VOST)
Publi-reportages Cunning Visions, avec ou sans faux commentaire audio (VO) Linda Connie et du réalisateur (5’42”, VOST)
Clip vidéo: «Mad World» par Gary Jules (2001, 3’18”)
Bande-annonce du Director’s Cut (2004, 0’55”, VOST)
5 spots TV (2001, 2’11”, VOST)

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