Un diplomate anglais résidant au Kenya retrouve sa femme assassinée après que celle-ci a découvert une sombre affaire dans laquelle est impliquée une industrie pharmaceutique…
Adapté du roman éponyme de John Le Carré, le second long métrage de Fernando Mereilles, tient à la fois du documentaire, de la romance, du thriller et du drame. Sa densité lui assure une profondeur mais ne constitue pas nécessairement une facilité. On peut avoir peur que le cinéaste s’éparpille sur plusieurs pistes, d’autant qu’il se sert d’une structure en flash-back un peu nébuleuse. Sans jouer la carte du spectaculaire, en tentant une approche empathique (on apprend d’emblée que le personnage féminin meurt), en faisant ressentir le poids d’un deuil qui zigouille la raison, Mereilles adopte l’approche la plus adéquate, trouve le juste équilibre entre attentisme et abstraction et parvient à maintenir l’intérêt du récit d’un bout à l’autre.
On retrouve les mêmes qualités et défauts que dans La cité de Dieu, son précédent opus : une mise en scène virtuose mais tapageuse pour un sujet qui ne requiert pas un tel maniérisme. Mais la solidité de l’intrigue et l’intensité de ses rebondissements ainsi que la beauté de la photographie emportent sans peine l’adhésion. De par son sujet et sa dimension politique, il serait intéressant de le mettre en analogie avec Lord of war même si ce dernier opte davantage pour le nihilisme et le cynisme rances. Le registre émotionnel est largement redevable à l’interprétation de Rachel Weisz et Ralph Fiennes, qui se mettent mutuellement en valeur dans un rare exemple de collaboration. Certes, la première partie s’abîme sans doute trop dans la romance et met un certain temps avant de poser l’enjeu dramatique, mais plus le film avance, plus il gagne en intensité jusqu’à la sublime scène finale.

