Sortie de route. Lorsque le détective d’une section d’élite enquête sur la disparition d’une victime lors des premières neiges de l’hiver, il craint qu’un serial killer recherché n’ait encore frappé. Avec l’aide d’une recrue, il va tenter d’établir un lien entre des dizaines de cas non élucidés et la brutalité de ce dernier crime afin de mettre un terme à ce fléau, avant la tombée des prochaines neiges. Et euh…
Polar nordique sadique. C’est dommage car on était bien parti pour un énième polar scandinave sur les terres enneigées des Millenium et autres Enquêtes du Département V. D’autant qu’a priori, une telle addition de talents suscitait l’envie: l’adaptation d’un best-seller de Jo Nesbø, Tomas Alfredson (les formidables Morse et La Taupe) derrière la caméra, Scorsese en prod exécutif, Fassbender, Gainsbourg et Sevigny dans le cast… Bref, on y croit à mort avant d’entrer dans la salle. Et une fois dans la salle, on y croit, allez, dix minutes. Le temps d’une scène d’introduction traumatique effroyablement glaçante. La suite, n’y allons pas par quatre chemins, ne fonctionne tout simplement pas. Traitant un sujet 100% glauque avec une gravité pénétrée qui ne laisse jamais le film trouver son rythme, la réalisation de Tomas Alfredson est le premier échec de l’entreprise. La suite est à l’avenant où chacun semble évoluer dans un film différent, sans cohérence ni cohésion. A la tête d’un scénario tortueux (mais médiocre), d’un groupe de comédiens bien choisis (mais mal employés) et d’une équipe technique douée (mais absente), Alfredson ne pouvait pas faire de miracles: il essaye de réussir ses images mais rate régulièrement ses scènes, alignant les signes de cinéma sans la moindre foi. Et tout le monde semble ne rien comprendre ou alors se sentir très seuls. Vous avez dit sabordage? Ce genre de catastrophe industrielle serait fascinante à regarder si elle ne faisait pas autant de peine. Ce qui en ressort, c’est que Alfredson, que l’on soupçonnait plus méfiant envers les vilains studios, a été le premier à en souffrir: son aveu (terrible) d’impuissance dans la presse consistant à se désolidariser du projet sur le mode du « il n’avait pas assez de semaines de tournage » et « il manquait des pages de scénario » pour expliquer les mauvaises critiques outre-Atlantique veut tout dire. Mention quand même pour Val Kilmer, revenu d’on ne sait où, dont la présence, brève mais marquante, risque de faire éclater de rire les spectateurs présents dans la salle. Un effet comique hélas involontaire…


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