[CRITIQUE] KATIE SAYS GOODBYE de Wayne Roberts

Triste monde tragique. Katie, jeune femme du sud ouest américain rêve d’une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mis à l’épreuve par ceux qu’elle aime le plus au monde…

On n’a pas tous en nous quelque chose de Tennessee. Vous l’entendez, vous aussi, cette petite musique du cinéma indépendant américain post-Tennessee Williams, qui cherche à vous cueillir avec sa perf d’actrice ostentatoire, sa vision pittoresque d’une autre Amérique comme-on-la-voit-pas-assez-au-cinéma et son récit tartignole sur l’intolérance ordinaire? Bingo, vous obtenez Katie says goodbye, petit film indie gonflé comme une baudruche, qui repose sur une idée du réalisateur Wayne Roberts (qui a comme premier défaut d’en avoir qu’une seule). À savoir donner à partager le quotidien pathétique de cette jeune serveuse au cœur d’or (Olivia Cooke, qui joue telle Bambi prise dans les phares d’une voiture) flanquée d’une mère égoïste, d’amants de passage bien rustauds, d’amis qui n’en sont pas et de beaucoup, beaucoup, beaucoup de rêves évanouis. Mais, rassurez-vous, même dans l’adversité, même lorsque le monde se fait moche, Katie, double de la ménagère ayant cramé sa vie, conserve malgré tout de la dignité, de l’espoir, de la noblesse. Elle pleure, oui, mais elle sourit à la vie. Pour faire court, ce Katie says goodbye est une déclinaison attardée du cinéma de Lars Von Trier sans la folie du Danois, avec de la bonne grosse inflation glauque (la palme à la scène de viol collectif, montée à la serpe), de la surenchère dans le malheur et du pathos dégoulinant. Si bien qu’à force de chercher à tirer les larmes du spectateur en mettant des doigts dans nos yeux, le chemin de croix de cette pauvre Katie nous parait fabriqué et nous laisse totalement insensible. La faute au tâcheron derrière la caméra qui a plaqué, sur cette narration simplement linéaire, une mise en scène d’une totale platitude. Du cinéma sans relief et sans grande ambition donc qui n’a qu’une chose à vous dire en 2018: l’enfer, c’est les autres. Rideau. Vous avez de la chance, le film ne dure qu’une heure 28. Ressenti 2h50.

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Date de sortie 18 avril 2018 (1h 28min) / De Wayne Roberts / Avec Olivia Cooke, Christopher Abbott, Mireille Enos / Genre Drame / Nationalités américain, français[CRITIQUE] KATIE SAYS GOODBYE de Wayne Roberts
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