GODZILLA VS KONG ⚫ de Adam Wingard: Mal au crâne

Que c’est Kong. À une époque où les monstres parcourent la Terre, et alors que l’humanité lutte pour son avenir, Godzilla et King Kong, les deux forces les plus puissantes de la nature, entrent en collision dans une bataille spectaculaire inédite. Alors que Monarch se lance dans une mission périlleuse en terrain inconnu, et qu’il découvre des indices sur les origines des Titans, un complot humain menace d’éradiquer ces créatures – qu’elles soient bonnes ou mauvaises – de la surface de la planète.

Le «sauveur du cinéma», que dis-je, le messie du cinéma est arrivé! Hourra! Godzilla vs Kong est enfin disponible en VOD après avoir signé le plus gros succès international en salles depuis plus d’un an, une prouesse rendue possible grâce au public asiatique. De quoi bander les muscles et se taper le poitrail comme un certain gorille géant du côté de la Warner et d’Adam Wingard, pauvre gars issu de l’horreur (les deux anthologies V/H/S, You’re Next et Blair Witch version 2016) largué à la réalisation de ce gros machin. On est heureux de voir que l’expérience d’une projection en salles peut encore faire vibrer des millions de personnes dans un monde ravagé par la Covid, mais il faut avouer que l’étiquette de «sauveur» accolée à ce film fait un peu tâche. Le succès monstre de Godzilla vs Kong sonne surtout le grand retour dans les salles du cinéma fast-food, gras, bourratif et sans saveur, porté par le MCU et ses maudits rejetons pendant plus d’une décennie. Un cinéma qu’on s’était accommodé à ne plus voir à l’affiche pendant plus d’un an.

Godzilla vs Kong est le digne représentant d’un Hollywood insipide, à court d’idées, devenu un marchand de séries sur grand écran, sans toutefois présenter la qualité d’écriture des meilleures d’entre elles. En effet, le scénario censé réunir les deux monstres légendaires du cinéma est d’une nullité abyssale. En dehors des affrontements, qui durent bien la moitié du film, l’intrigue les liant n’est qu’un cache-misère des plus décevants. L’idée de découvrir la «Terre Creuse», concept bancal mais amusant du film inspiré de Jules Verne (une zone au centre de la Terre dont proviendrait les fameux titans), laissait présager un souffle d’aventure bienvenu au sein d’un film du genre kaiju eiga. On fantasmait vainement un retour à la Skull Island du King Kong de 1933, ou même celui de Peter Jackson. Cependant, une fois atteint la Terre promise, le film s’empresse de la traverser pour nous mener directement au combat entre Godzilla et King Kong.

Les plus indulgents des spectateurs pourront toujours rétorquer que l’intérêt du kaiju ega ne réside pas dans son récit, mais dans la mise en scène de ses duels épiques. Certes, mais ils seront vite déçus par la pauvreté de ceux présents dans Godzilla vs Kong, certainement les plus mauvais du MonsterVerse – un comble pour un film conçu comme le sommet de l’univers partagé chapeauté par Legendary Pictures et Warner Bros. Adam Wingard peine à restituer la dimension monstrueuse et immense de ces deux titans, qui deviennent vite encombrants à filmer une fois réunis à l’écran. Elle est loin l’époque où Guillermo Del Toro faisait renaître le kaiju eiga avec l’enthousiasmant Pacific Rim… Raté en tout point, le «sauveur du cinéma» a fière allure, tiens… M.B.

19 mai 2021 / 1h 54min / Action, Aventure, Science fiction
De Adam Wingard
Avec Kyle Chandler, Millie Bobby Brown, Alexander Skarsgård

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!