Tremblez. Elle est de retour! Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d’un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d’Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon…
«Pas si nul…». C’est ce qu’on se dit en sortant de la salle obscure. Puis, une fois que l’on voit la lumière du jour, on se dit finalement: «… Mais pas bien pour autant!» Voilà ce que nous inspire cette suite de Annabelle (John R. Leonetti, 2014) où David F. Sandberg, un nouveau poulain Warner (réalisateur du très raté Dans le noir) tente de relever la barre. Au jeu des calculs, commençons par un point positif: Annabelle 2 est mieux que Annabelle premier du nom. C’est même mieux que Dans le noir et plein d’autres films de genre qui font peur pour de mauvaises raisons. Sans doute parce que James Wan, bon artisan roublard, a mis son grain de sel pour réduire la casse et livrer un contenant un peu soigné. Mais pourquoi n’accroche-t-on définitivement pas du tout à cette épouvante twitto-marketée par Warner que la petite @Gwendolyne75 a pourtant «kiffé sa race» (dit-on sur l’affiche éhontément peinturlurée de phrases à la con)? Parce que tout est vieillot. Trop en tous cas pour nous surprendre. Parce qu’on confond tout et qu’on n’y comprend plus grand-chose à la préquelle de Conjuring et des Dossier Warren (en d’autres termes, ce n’est pas assez intéressant pour que l’on ait envie de s’y aventurer). Et parce que cet été, Donald Trump aura été le plus effrayant de tous et que face à lui, Annabelle n’est qu’un vulgaire pantin pour multiplexes à qui on a envie de coller deux baffes puis au lit. L’horreur n’est définitivement plus au cinéma.

