Une adaptation du roman de Jérôme Ferrari par le réalisateur des Apaches. Ou les fragments de la vie d’Antonia, jeune photographe de Corse-Matin à Ajaccio, dont l’engagement et l’itinéraire amoureux va venir se confronter – très, très littéralement – aux grands événements de l’histoire politique de l’île de Beauté, des années 1980 à l’aube du XXIe siècle. Subissant (via son amoureux, qui multiplie les allers-retours au trou) la crise interne qui fracture les mouvements nationalistes du FLNC, la photographe ira jusqu’à couvrir pour son quotidien la guerre en ex-Yougoslavie, terre où la question nationale a là aussi semé quelques menues divisions et violences!
Attention, c’est bien! Unpopular opinion: Une vie violente (2017) nous avait rasés comme rarement un Gillette Mach3 n’aurait su le faire, principalement en raison de ce qu’on appelait alors la main lourde peretienne, que l’on pourrait qualifier ainsi: des plans séquences à 83 kilomètres de personnages marmonnant des choses qu’on ne comprend pas toujours, personnages souvent raides comme un piquet vertical dans un cadre pourtant plus large qu’un écran 9/16… Et surtout, l’omniprésence à chaque parcelle de plan du cinéaste derrière son combo, dirigeant ses acteurs tel un Mabuse immodeste qui feint pourtant l’altruisme en interview.
On a bien crû que ce nouveau film était aussi fait de ce bloc – que s’apelorio un monolithe – là… Mais c’était mal pronostiquer la mélancolie radieuse attachée à ce personnage féminin, à qui on essaye à chaque scène de fermer une porte qu’elle parvient finalement à ouvrir, et qui apporte un bien fou au décorum parfois très viril du cinéaste. Une scène inattendue de saisissement amoureux, filmée à l’entrée d’un appartement, aura suffi à lever nos réserves sur le réalisateur… Le film ne se donne pas si facilement, mais une fois le capot bien raide soulevé, il crépite d’un feu assez dévastateur.
3.0 out of 5.0 stars4 septembre 2024 en salle | 1h 53min | Drame De Thierry de Peretti | Par Thierry de Peretti, Jeanne Aptekman Avec Clara-Maria Laredo, Marc’Antonu Mozziconacci, Louis Starace |




