[CRITIQUE] 11H14 de Greg Marcks

Plusieurs incidents apparemment sans aucun lien les uns avec les autres se recoupent tous vers un accident de voiture qui s’est produit une nuit à onze heures quatorze. Etrange, vous avez dit étrange ?

Avant d’être un thriller acrobatique, aussi efficace qu’intelligent, 11h14 est surtout un film substantiel et cohérent. D’un bout à l’autre. Sans trop lever le voile sur l’intrigue, on peut sommairement dire que le film met en scène un chaos regroupant une foule d’individus qui a priori n’ont rien en commun, si ce n’est une malédiction qui ne résulte peut-être pas seulement du fruit du hasard.
Les personnages sont détaillés avec une minutie exemplaire et leurs réactions face à des événements qu’ils ne contrôlent pas sont très crédibles. Exploitant jusqu’au bout les thèmes des paradoxes temporels et des événements liés, le film passe du drame au mélo, de l’horreur au grotesque et provoque une confusion des genres excitante qui apporte une vraie richesse à un scénario déjà robuste et étrange. Accessoirement, cela nous conforte dans l’hypothèse que nous sommes en présence d’un film qui exploite à fond la carte de l’inattendu. Le désir d’abandon de soi au cinéma fait partie de ces paradoxes pervers que nous aimons tous ressentir. De ce strict point de vue, on peut dire que le film réussit là où beaucoup d’autres échouent : dans ce plaisir de découverte et de nouveauté.
Les énigmes que pose le jeune réalisateur sont toutes résolues mais il arrive parfois que certaines zones d’ombre méritent d’être explicitées. Nécessitant d’être vu à répétition, 11h14 est un film fantastique ludique, futé, ténébreux, angoissant, mystérieux. Sa construction obéit à des astuces scénaristiques marquantes et fonctionne tel un cercle infernal absurde qui n’en finit plus de dérouter. La bande-son de Clint Mansell (Requiem for a dream) et l’interprétation d’ensemble, regroupant une profusion d’acteurs connus et hétéroclites, ajoutent au plaisir. Parmi eux, Patrick Swayze en profite pour se distinguer dans un rôle complexe et instille du trouble par sa simple présence, comme il le faisait si bien dans l’exceptionnel Donnie Darko…

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
Plusieurs incidents apparemment sans aucun lien les uns avec les autres se recoupent tous vers un accident de voiture qui s’est produit une nuit à onze heures quatorze. Etrange, vous avez dit étrange ? Avant d’être un thriller acrobatique, aussi efficace qu’intelligent, 11h14 est surtout...[CRITIQUE] 11H14 de Greg Marcks
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!