Dans « Le Monde Fantastique d’Oz », Sam Raimi revient aux origines du cinéma, du « Magicien d’Oz » à Méliès pour un divertissement enchanteur en 3D. Comment faire du neuf avec du vieux.
Est-ce que l’univers du « Magicien d’Oz » a inspiré vos précédents longs métrages ?
Sam Raimi : Je n’avais jamais lu le roman de L. Frank Baum que tout le monde considère comme un classique des contes de fées. En revanche, je connais le film de Victor Fleming sur le bout des doigts. Il reste l’une de mes grandes influences en tant que cinéaste et je me suis surpris à réaliser qu’il avait influencé mes précédents longs métrages. Pour Evil Dead par exemple, la plupart des éléments horrifiques, surréalistes et noirs viennent de ce film.
Quelles ont été vos influences?
S.R. : J’étais très influencé par Méliès et les Frères Lumières. Le plus difficile sur le tournage ne reposait pas tant sur la gestion des effets illustratifs que sur la nécessité de montrer l’humanité des personnages animés. Je pense notamment à la poupée de porcelaine. Et je ne voulais pas que la jeune actrice Joey King soit paralysée, décontenancée ou découragée par la technique. Je devais rester extrêmement vigilant sur le message du film, qui parle avant tout du cœur humain. Sans humanité, le film se serait résumé à de l’animation désincarnée.
« Le monde fantastique d’Oz » représente aussi un défi dans votre filmographie : fréquenter un genre nouveau alors que vous auriez pu vous contenter de répéter une formule.
S.R. : C’est totalement vrai. Je veux toujours faire quelque chose de nouveau. Cela ne me dérange pas lorsque je fais des suites comme avec « Evil Dead » et « Spider-man » : si j’aime les personnages et si ça me plaît de les retrouver, je peux faire une suite. Autrement, je ne l’envisage pas. Je déteste me répéter. Ça m’ouvre l’esprit que de changer de registre ou de fréquenter un genre que je ne connaissais pas. Qui aurait pu dire à l’époque des « Evil Dead » que je réaliserai un jour « Spider-man » ou même « Le monde fantastique d’Oz » ? Depuis le début, j’ai toujours eu besoin de l’excitation de la découverte ou d’un challenge artistique. Ici, créer un univers que les gens ne connaissent pas ou ne voient pas souvent ou être sensible aux moindres détails, la couleur d’une fleur, les montagnes, le design des villes…
Comment définiriez-vous le film ?
S.R. : Un divertissement familial, avant tout. J’aimerais que les enfants et les parents partagent un bon moment ensemble. Cela s’adresse sans doute moins à un public geek ou aux fans de « Spider-man ». Mais mon but avec « Le monde fantastique d’Oz », c’est de faire voyager n’importe quel spectateur et que ce voyage soit doux et fasse prendre de la hauteur. En bref, communiquer l’émerveillement que j’ai eu lorsque j’ai découvert « Le magicien d’Oz », de Victor Fleming. Avec la 3D.

