Qu’est ce qu’on a sous les bras, cette fois? Des parents inquiets, un gosse patraque, et un boogeyman collant. Mais aussi un premier film qui s’avère un court étiré. Dit comme ça, Come Play pourrait rejoindre la pile des séries b d’horreur interdites, parce qu’interchangeables, grises, vendues et n’ayant comme seul but que d’aligner les peek-a-booooo. Et miracle, cette variation du croquemitaine vaut un peu mieux que ça. En pleine année covid, il fut d’ailleurs programmé un partout dans le monde à la période d’Halloween sauf… chez nous, alors que l’on plongeait justement dans un second confinement de la mort.

De la configuration dix fois trop vu citée plus haut, Come Play offre tout de même une petite spécificité à son personnage principal: le petit Oliver (Azhy Robertson, vu dans Marriage Story) est autiste et n’arrive pas encore à parler, contraint d’utiliser sans cesse une tablette ou un téléphone pour se faire entendre. Gênant quand on doit expliquer à papa-maman qu’une créature squelettique se cache dans le placard la nuit. Or, et c’est la seconde idée brillante du film, la créature s’invite par le biais d’une application et se sert de l’électricité pour se mouvoir! Loin de se vautrer dans une parade anti-techno façon Black Mirror, cette calamité électrique ne fait qu’un peu plus handicaper le petit garçon, qui réussira tout de même à faire comprendre à son entourage que le brave Larry n’est pas du genre Casimir malgré ses invitations soi-disant amicales. Bien exercé à force de courts réalisés ou montés par ses soins, Jacob Chase offre des moments bien troussés (en particulier cet étonnant décor de box planté dans un parking isolé) et a le don d’éviter la jump scare party tant redoutée, utilisant intelligemment de nombreux objets high-tech quotidiens qui, et c’est bien cela le piège, permet aussi bien de détecter le monstre que de l’attirer.

Il y a certes quelques excursions mélo déjà-vues du côté de la ghost story espagnole, mais face au cynisme blumhousien, on respire un peu. Présent du côté de la production (ou plutôt une de ses succursales), la patte Amblin trouve également sa place, en particulier dans des figures enfantines jamais manichéennes, et un semblant de merveilleux nichée dans l’épouvante (comme lorsque la créature traverse la ville de lumière en lumière). On regrettera sans doute un récit parfois honteusement répétitif et le design de la créature, beaucoup moins original et percutant que son mode de fonctionnement. Mais réussir à passer encore un bon moment face à une tambouille aussi éculée redonne toutefois un peu d’espoir. L’art et la manière, oui on sait…

Disponible en Blu-ray u.s avec vf et sous-titres français / sortie France en dvd/bluray le 25 août

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