À peine quelques jours après le magnus opus de Madonna, Mylène Farmer, qu’on aime bien considérer (pas forcément à tort) comme son alter ego français, balance à son tour le single de son nouvel album. Et pas n’importe comment, puisque l’extrait est accompagné d’un clip signé Julia Ducournau !
Remember Cannes 2021 : Mylène, présente dans le jury, avait largement contribué à la bonne fortune de Titane dans sa course à la Palme. Enchantée Julia, bravo et bisou, et hop, un nom de plus sur son impressionnant CV de réalisateurs du chaos (Abel Ferrara, Agustí Villaronga, Ching Siu-tung…). La comparaison avec Madonna ne s’arrêtera pas là : ce retour a, lui aussi, un air d’introspection. Mais là où la Ciccone remet en jeu son titre de queen du dancefloor (« y a que moi, poussez-vous »), Mylène opte pour une célébration plus modeste : après avoir survécu à ce qui ressemble ni plus ni moins à une tuerie de masse (!!), on la voit traverser le miroir pour fusionner avec la Mylène des années 80, attifée comme à l’époque de Libertine. Elle revient ensuite sur scène pour mieux célébrer un public ouvertement queer, dont les langues et les gestes baignaient, jusqu’à son apparition, dans un étrange flou interdit (Julia se serait-elle souvenue des corps fusionnés du clip de « Q.I » ? On a envie de le croire).
Garder un pied dans l’imagerie horrifique et urbaine de la réalisatrice de Grave (rues torves, club poisseux, visages fondus) tout en célébrant l’ange roux, sa peur de la mort et du temps qui passe, jusqu’à un dernier face-à-face avec le public laissant transparaître un vrai plaisir des retrouvailles : clairement, ce C’est à qui le tour est sans aucun doute son meilleur clip depuis le diptyque Dégénération, à défaut d’être une super chanson, d’ailleurs. L’annonce d’une prochaine collaboration avec Gilles Lellouche, elle, en revanche, tempère un peu les ardeurs…



