Disponible sur la plateforme Shadowz, Caveat de Damian McCarthy se regarde sans déplaisir (parce que c’est bien fait) mais sans passion (tout est quand même très déjà-vu ailleurs).

«Tu te prends pour Ari Aster? Arrête» (saison 8 episode 12). C’est la chenille qui redémarre donc pour Caveat, qui avait glané un tout petit prix au dernier festival du BIFFF. Alors forcement, ça interroge et ce, même si l’affiche ressemble fort à celle de The Witch, avec un lapin en place du bouc. «Chui pas rassuwré» comme disait ce poète de Zambla. En tout cas, la foire du décorum cracra est au garde-à-vous dès les premières images: papier peint décrépi, trou dans le mur, peluche tordue, murs lézardés, tableaux cramoisis et, bien sûr, la sainte cave dépeinte comme la somme de toutes les peurs.

Un monsieur noyé dans sa barbe, l’air ahuri, est payé par un ami pour garder la nièce schizophrène de celui-ci, planquée dans la maison familiale, bien entendu perdue sur une île déserte plantée au milieu de nulle part. Le bon plan se prolonge avec des antécédents familiaux carabinés (mère disparue, père suicidé), des moyens de communications très discutables (interphone pour tailler la bavette et harnais cadenassé pour circuler) et une ambiance au beau fixe (y’a du renard dans le coin, alors on se dit CHAOS REIGNS, mais en fait non). La maison comme espace mental dévoile peu à peu ses secrets et ses squelettes dans le placard dans une tradition parano rarement chahutée (ou si peu). Du sound design oppressant au cadre soigneusement fignolé (bien que tout ça reste vu et revu), on a droit à tout: les gueules hagardes, la famille cauchemar, les très vagues dérapages bizarres (en réalité pas du tout exploités, comme la vision de ce cadavre grimaçant). De Eggers à Aster, la formule A24 est à nouveau appliquée à la lettre, mais on reste un peu à distance d’une telle ambition. Décidément, cette décennie de genre s’annonce très compliquée…

Caveat, disponible le 25 juin sur la plateforme Shadowz

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