GERALD DUCHAUSSOY, assistant de THIERRY FREMAUX, nous raconte les dix moments chaos à CANNES CLASSICS lors de cette 69e édition du FESTIVAL DE CANNES.
«Du sexe détourné et mâtiné de violence gratuite et aussi incompréhensible que l’époque, Masculin féminin de Jean-Luc Godard ouvre le bal cannois de Cannes Classics pour la première fois.»
«Un western existentialiste mexicain pour la première séance spéciale de l’histoire de la section, Tiempo de morir de Arturo Ripstein. Scénario et dialogues de Gabriel Garcia Marquez. Une sombre histoire de vengeance baignée dans un soleil morne, grisâtre.»
«Bright Lights: Starring Carrie Fisher and Debbie Reynolds de Alexis Bloom et Fisher Stevens. Un documentaire sur la destinée de la célèbre icône des années soixante-dix qui vient d’une galaxie très, très lointaine et de sa mère, qui a chanté sous la pluie. On est parfois mal à l’aise devant ce spectacle de vies hollywoodiennes démembrées et abîmées.»
«Le film tchèque qui aurait inspiré 2001, L’Odyssée de l’espace sûrement plus que Mel Brooks. Une musique minimaliste, atonale. Un pur malaise sidéral. Ikarie XB1 de Jindrich Polak.»
«Film-malade, tourné en VistaVision, trois caméras pour des kilomètres de rushes et Œdipe en embuscade, One-eyed jacks, le seul long métrage réalisé par Marlon Brando ne faillit pas à sa réputation. Même restauré.»
«L’histoire vraie de Billy Hayes, le trafiquant de drogues qui a écrit le livre inspirant Oliver Stone pour Midnight Express. Il y a tout : son histoire, celle du film, celle de la Turquie. Et l’homme est devenu acteur. Un destin incroyable dans Midnight Return: The Story of Billy Hayes and Turkey de Sally Sussman.»
«Documentaire sur une actrice punk avant l’heure, copine des acteurs Bulle Ogier et Jean-Pierre Kalfon. Et vedette populaire. Chaos membrane total, donc. Bernadette Lafont et Dieu créa la femme libre de Esther Hoffenberg.»
«Un seul choix ce jour-là : To Live and Die in L.A. William Fredkin sur scène en compagnie de Willem Dafoe pour présenter son polar culte des années quatre-vingt où l’argent brûle à flots. Et où on prend l’autoroute à contre-sens. Pas bon pour le cœur, tout ça.»
«Memorias del subdesarrollo, film cubain de Tomás Gutiérrez Alea sorti en 1968, dans un esprit libre et confondant d’énergie technique, le tout au service d’une plongée dans le Cuba en pleine révolution intellectuelle et sexuelle. On vous a dit que le film était de 1968?»
«Séance de samedi après-midi parfaite, Pit and the Pendulum, une adaptation de Edgar Alan Poe par Roger Corman, très en forme. Vincent Price et Barbara Steele devant la caméra. Un rêve en couleurs psychédéliques et gothiques.»

