Cannes 2024: le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof révèle sur Instagram avoir fui son pays

Le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof, condamné à cinq ans de prison dans son pays, a annoncé lundi avoir fui l’Iran, à la veille de l’ouverture du festival de Cannes où doit être projeté son dernier film et où il est attendu. « Je suis reconnaissant envers mes amis, mes connaissances et les gens qui m’ont aidé, parfois au péril de leur vie, à franchir la frontière et me mettre en sécurité », a déclaré Mohammad Rasoulof dans un texte sur Instagram accompagné d’une vidéo montrant des montagnes enneigées. Le 77ᵉ festival de Cannes, qui débute le 14 mai dans le sud de la France, a sélectionné le nouveau film de Mohammad Rasoulof, The seed of the sacred fig. « Je dois finir rapidement les derniers ajustements de la post-production » du film, souligne également Rasoulof dans son post instagram.

Mercredi, son avocat avait révélé que le réalisateur de 51 ans, plusieurs fois primé dans des festivals internationaux, avait été condamné à une peine de cinq ans de prison pour « collusion contre la sécurité nationale ». Mohammad Rasoulof avait été arrêté en juillet 2022, accusé d’avoir encouragé des manifestations déclenchées après l’effondrement d’un immeuble ayant fait plus de 40 morts en mai dans le sud-ouest de l’Iran. Après ce drame, un groupe de cinéastes iraniens qu’il menait avait publié une lettre ouverte appelant les forces de sécurité « à déposer les armes » face à l’indignation nationale contre « la corruption » et « l’incompétence » des responsables. Il avait ensuite été libéré à titre temporaire pour raisons de santé en janvier 2023 et interdit de quitter le territoire. Mohammad Rasoulof a été lauréat du prix Un Certain Regard à Cannes en 2017 pour son film Un homme intègre, l’histoire d’un homme à la vie simple qui tente de se battre contre les manœuvres malhonnêtes d’une compagnie privée poussant des villageois à vendre leurs biens. Il a ensuite reçu l’Ours d’or du festival de Berlin en 2020 pour Le diable n’existe pas, une réflexion sur le libre arbitre et le devoir de désobéir. Mohammad Rasoulof a été invité à Cannes en 2023 comme membre d’un jury, mais n’avait pas pu faire le déplacement, toujours frappé par une interdiction de voyager.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!